Escapade dans le monde merveilleux d’Aachen et de Monschau!

Written by Sarah M on January 8th, 2012

Quand on m’a proposé d’aller passer quelques jours à Aachen, autant vous dire que j’ai légèrement soufflé en levant les yeux au ciel…aa-quoi?? Ah Aix-La-Chapelle?! Mais elle sert à quelque chose cette ville? c’est pas un village? oui oui en bonne snobinarde parigote…on m’a demandé de faire confiance, j’ai fait confiance. Pas trop sûre quand même. Car en plein séjour à Paris, où on recharge les batteries famille/ amis-chers-à-son-coeur, l’idée d’une escapade européenne séduit, forcément (voyageuse un jour voyageuse toujours) mais, quand même, la destination doit être un minimum sexy pour nous extirper de ce tourbillon! Bref, je me suis retrouvée avec mon mini sac à la gare d’Aachen, en plein Lost in Translation d’allemand (autant dire beaucoup de sourires bêtes et des ya ya à qui n’en veut…) après 2h30 de Thalys (ah les trains européens que vous me manquez en terre canadienne!!!). Bref, gare d’Aachen, étude du plan, bien évidemment lu à l’envers donc départ vers l’hôtel dans la mauvaise direction…mais une brioche aux pépites de chocolat dans la main (= tout va bien!)

L’hôtel, le Mercure Am Dom, moderne sans véritable âme mais confortable et extrêmement bien situé pour partir à la découverte de la vieille ville. Sac posé, j’ouvre enfin les yeux sur cette petite ville inconnue au bataillon de mes perceptions voyage. Et que vois-je? Une villette riquiqui, où on tourne et tourne en rond tellement la vieille ville est de taille minipocket…mais d’un charme incroyable! Sous le charme en quelques regards, l’appareil photo se déchaîne…

L’ambiance village de poupées me propulse instantanément dans une sphère régressive, exclamations béâtes sur tous les petits détails…comme c’est mignon…mais regarde, regarde! Car, malgré sa mini taille, le nombre de détails est tel qu’on peut y passer des heures à contempler, chercher les éléments insolites, réfléchir à toute l’histoire qui se cache derrière ces vieilles pierres.

Car si Aachen/ Aix La Chapelle est (il paraîtrait vu le nombre de touristes français, belges, allemands…et japonais!) connue, c’est que la bourgade a accueilli de nombreux rois d’Europe, venus s’y faire couronner. Et notamment notre cher Charlemagne! La cathédrale, ici à taille réduite (bien plus mimi que la magistrale à côté qui impressionne un peu…) est un joyau de mosaïque aux inspirations byzantines! Amoureux du kitsh, bonjour, vous y serez servis! Pour ne pas se brûler les yeux par tout ce clinquant, il faut se concentrer sur des petites parties, et avancer au fur et à mesure…alors la beauté (relative n’est-ce pas, je suis plutôt de trempe minimaliste…) du lieu apparaît saisissante! Le travail d’orfèvre est pour le moins impressionnant. Pour les fétichistes du christianisme, je recommande également de parcourir le lieu à la recherche des multiples reliques dont regorge la cathédrale, Charlemagne serait d’ailleurs enterré ici même, et il ne serait pas le seul…

J’ai adoré visiter Aachen/ Aix la Chapelle pour son esprit à la fois sombre et scintillant. Je m’explique. D’un côté, les ruelles interminables, cette ambiance de théâtre dramatique, très certainement renforcée par pluie, confère à la ville un charme aux confins de la magie noire…

Les passages qui semblent secrets, les porches aux armoiries d’un autre temps, les petites échoppes et tavernes aux fenêtres minuscules, par lesquelles on ne discerne presque rien tant la buée envahit les vitres…mais derrière lesquelles on imagine des clinquements de chopes, des personnages mystérieux vêtus de capes…

Bon ok je m’emballe…mais vraiment en parcourant ces ruelles quasi désertes, je m’imaginais dans Harry Potter (dans un style un peu plus “authentique” qu’à Orlando), prête à tomber dans une embuscade, ou relever des défis fabuleux…ok j’arrête avec l’imagination débordante. Je vous l’ai dit, cette ville a un effet régressif !

Il faut dire que toutes les statues de bronzes rigolotes qui parsèment la ville n’aident pas à garder son sérieux! Elles constituent d’ailleurs en soi un parcours, telle une chasse au trésor!

Car, si la ville a une part sombre et mystérieuse, elle brille également par ses infinies petites lumières qui diffusent un air de féerie. Bien évidemment, en pleine période de fêtes, le trait est accentué, mais la quantité de petits cafés, où l’on peut siroter un chocolat chaud dehors sous une couverture, et les vitrines du nombre affolant de pâtisseries et biscuiteries agissent comme autant de propagateurs de bien être et de réconfort!

Une jolie petite bourgade, en somme, à quelques embardées de Paris, idéale pour se laisser emporter dans un monde merveilleux et détente, en un claquement de doigts, comme par magie!

Pour la deuxième journée, plutôt que de continuer à repasser sans cesse devant les mêmes édifices, l’idée à germé de s’aventurer hors des frontières de ce monde enchanté pour un autre petit monde, enfoncé dans la campagne allemande…j’ai nommé Monschau. Situé à une heure de bus, le petit village est apparu comme une seconde source d’émerveillement. Presque encore plus qu’Aachen d’ailleurs, c’est dire!

Plus je m’enfonçais dans ses ruelles pavées, de première apparence, encore là, sombres, plus je découvrais un monde coloré, plein de poésie et de délicatesse. Des ruelles qui montent et descendent, des maisons tarabiscotées, qui tiennent on ne sait comment…

…et des détours de chemin, juste à couper le souffle. Car l’une des particularités de Monschau est que la micropocket se trouve entrelacée par l’eau! Autant dire un charme romantique beaudelairien à se pâmer. Ce lieu est un brin mélancolique et bourré d’intrigues, comme un village fantasque échappé d’un rêve ou d’une histoire moyen âgeuse, un berceau d’histoires à la Hansel et Gretel, qui surgissent irrémédiablement au contact de cette atmosphère si particulière.

Là encore, les sculptures se laissent admirer en souriant, sortes d’irruptions naïves qui rythment la promenade.

Naïf et gentillet c’est exactement ça, mais sans le côté péjoratif de l’urbaine blasée habituel…au contraire, impossible de ne pas s’emballer de petits cris ridicules en tombant sur ces petites attentions laissées ça et là au promeneur. Juste mignon à souhait!

La pluie et le froid donnant une excellente excuse pour s’arrêter régulièrement, il a bien fallu tester l’un des restaurants du bord de l’eau (pas excellent…mais raisonnable), dont la vue charmante aurait presque suffit à nous nourrir, et les cafés qui ponctuent chaque coin de rue, d’une époque que l’on pensait révolue (amis du formica et des peintures de chasse vous serez conquis), qui propose quelques breuvages chauds parfaits…avec une petite préférence pour le vin chaud explosif de saveurs…délicieux!!

De quoi se requinquer avant d’aller parcourir des boutiques de spécialités locales, liqueurs, fourrures, magasins à souvenirs où l’on déniche forcément quelque chose ne servant absolument à rien…et, bien plus intéressant, les boutiques de biscuits allemands…épices, cannelle, citron…mmm…autant vous dire que mes achats ont été engloutis en quelques instants!

Bref, une petit bourg, où il fait bon flâner…et rêver devant des maisons où on se verrait bien habiter (enfin une fois l’effet “seul au monde-un tueur évadé de Shinning va venir m’éviscérer” effacé)….

P.S: Pour revenir à Aachen, un musée vaut vraiment le coup d’oeil…le Musée International du Journal! Dommage que tout ne soit pas traduit, ne serait-ce qu’en anglais, mais les vidéos de la fin notamment, dans lesquelles s’expriment quelques figures allemandes incontournables du secteur de la presse sur l’évolution du métier de journalisme/ éditeur et du secteur sont passionnantes. Loin du discours trop souvent entendu, alarmiste et pessimiste sur la fin de l’édition et de la presse, ces intervenants proposent une vision extrêmement intéressante sur les possibilités d’évolution, la transformation (révolution?) que le secteur est en train de subir, avec des propositions qui ouvrent les esprits plutôt que de les rétracter. Stimulant intellectuellement :)

Musée International du Journal – Pontstr. 13, Aachen (fermé le lundi)

Aachen – Monschau par le bus 66 qui se prend à la gare routière (compter 1h de trajet)

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2 Comments so far ↓

  1. maman says:

    merci pour ce petit voyage je n’y aurais jamais pensé mais cela donne envie de partir à la découverte en attendant tes impressions de l’autre bout du monde

  2. Sarah M says:

    ouiiii une nouvelle destination Europe facile…et reposante!!

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