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Ces films français de mon enfance – Années 80

Qui dit automne, dit dimanches pluvieux passés lovés sur le canapé à regarder de vieux films ou des séries haletantes n’est-ce pas? L’occasion était donc toute trouvée de me lancer dans un projet de médiation culturelle. Je m’explique…

Parce que bien souvent mes blagues pourries se heurtent au regard éberlué du chéri québécois. Parce que mes références culturelles frisant le ridicule ou bordées de larmes émues s’écrasent lamentablement sur un mur d’incompréhension, je me suis dit que ces weekends frileux allaient être utilisés à bon escient!

J’ai donc décidé de faire la liste de tous ces films français qui ont marqué mon enfance et de les montrer au dit chéri pour que peut-être, enfin, j’aie l’air moins illuminée quand je fais mes blagues toutes seules. La liste étant toutefois à rallonge – c’est que contrairement au discours catastrophe martelé par les journaux, le cinéma français est finalement très productif! – j’ai scindé la liste par décennie. First things first, les années 80!!

 L’Ours ♥

Premier de tous les premiers, le film qui m’a initiée au cinéma. Premier film que j’aie vu sur grand écran, premier coup de foudre avec le monde des histoires sur drap blanc : L’Ours, de Jean-Jacques Annaud. C’était en 1988, j’avais donc 6 ans et je m’en souviens comme de mon premier cupcake Magnolia! Hasard de la vie ou non, l’histoire se déroule dans l’Ouest canadien, en Colombie Britannique. Est-ce l’Ours qui a marqué mon imaginaire d’enfant au point de me pousser, des années plus tard, à m’installer au Canada, des images de grands espaces plein la tête? Est-ce l’Ours qui, encore aujourd’hui, quand je pars en randonnée ou en chalet dans un coin paumé et boisé de la région, me fait redevenir une gamine de 6 ans et chercher avec excitation toute trace d’ours? J’imagine que ce film a marqué tout une génération, ces mêmes frenchys qu’on retrouve absolument fascinés par les ours, à frétiller à la moindre cime de sapin oscillant.

Le synopsis raconté par Jean-Jacques Annaud ? « Un ourson orphelin, un grand ours solitaire, deux chasseurs dans la forêt. Le point de vue des animaux ». Mythique!

♥ Le Grand Bleu ♥
 La même année, je m’envole en famille pour la Martinique. Dans l’avion, je me réveille dans l’obscurité, les lumières sont éteintes, et sur l’écran en avant de la rangée (ancêtre des écrans personnels incrustés dans le dossier du passager avant…) de la lumière bleue. Yeux à demi-clos je découvre les premières images du Grand Bleu. Une révélation. Impossible de me rendormir tant mes yeux étaient rivés sur ce spectacle transcendant. Encore aujourd’hui je regarde Le Grand Bleu avec la même émotion, touchée en plein coeur par cette histoire de profondeur, de plongée en haute mer et de monde du silence. Et puis la bande sonore, signée Eric Serra, est juste fabuleuse. Indétrônable! 
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♥ La Gloire de mon père et Le Château de ma mère ♥

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Sortis en 1990, La Gloire de mon Père et Le Château de ma Mère mettent en image le livre autobiographique de Marcel Pagnol, Souvenirs d’enfance. Ces films sentent bon la garrigue de l’arrière-pays marseillais, la lavande et l’huile d’olive. Ils sont une plongée dans la France d’avant-guerre romancée et poétique de Pagnol. Une image d’Épinal de la Provence fantasmée. Une véritable bouffée d’air frais, de bons sentiments et de plaisirs simples. Si le second manque un peu de matière, La Gloire de mon Père est un chef d’oeuvre. Du moins un chef d’oeuvre pour la petite fille que j’étais et rêvais au son des cigales.
L’histoire? C’est celle de Marcel, et elle commence ainsi: “Mon père était instituteur public. Il s’appelait Joseph. Il rencontra un dimanche une petite couturière qui s’appelait Augustine. Il la trouva si jolie qu’il l’épousa aussitôt. Ils étaient mon père et ma mère, de toute l’éternité, et pour toujours”…
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♥ La Boum 1 et 2 ♥
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 La Boum est sorti en 1980, la suite en 1982, année de ma naissance. Évidemment je les ai découvert bien plus tard, mais encore aujourd’hui quand je les regarde, l’énergie pétillante de la jeune Sophie Marceau me souffle. Le film est rétro à souhait. L’intrigue, intemporelle. Un petit bijou de film sur l’adolescence qui voyage à travers les époques sans une ride, mais toujours autant de fous rires!
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L’Effronté  ♥
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Autre grand classique du genre…L’Effronté. Sorti en 1985, je le découvrais également plus tard. Ce film, qui a révélé Charlotte Gainsbourg au grand public, est iconique. Il est le symbole de toute une génération, une inspiration de mode encore aujourd’hui. Bref, le film culte par excellence! J’y consacrais d’ailleurs il y a quelques temps un article sur les pages du blog
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♥ Le Grand Chemin ♥
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 Je ne sais pas pourquoi mais ce film m’a toujours profondément touchée. Sorti en 1987, Le Grand Chemin raconte l’été de Louis, petit Parisien de 9 ans, confié par sa mère à Marcelle et Pelo. Le couple, qui vit au fin fonds de la campagne bretonne, est alourdi d’un secret qui les déchire. Tandis qu’ils luttent pour renouer avec la vie, ils se retrouvent  à accueillir ce petit Louis, lui-même fragile. Les liens qui se tissent peu à peu entre les personnages sont émouvants et prenants. Sans compter les multiples fous rires qui rythment le film. C’est que la jeune voisine, Martine, s’avère être le parfait guide pour faire les 400 coups! Magnifique film.
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♥ La vie est un long fleuve tranquille ♥
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Et le meilleur des répliques cultes pour la fin!! (Avec Le père Noël est une ordure en fait…mais je n’ai appris à aimer ce film que tardivement…il ne figure donc pas dans cette liste).
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En 1988, Étienne Chatiliez (Tatie Danielle, Le bonheur est dans le pré, Tanguy), qui était jusqu’alors réalisateur pour la pub, crée son tout premier film. Loin de ses spots léchés ou esthétiques, il sort un film loufoque, un poil burlesque et dont les répliques cultes continuent de rythmer les poilades de fins de soirées avinées entre potes. En vrac quelques indémodables: “le lundi, c’est ravioli!”, “Ne jurez pas Marie Thérèse, ne jurez pas!”, “La salooooooope! mais la salooooooope!” ou la chanson (écrite par Chatiliez) “Jésus revient, Jé-é-sus revient!” reprise en coeur dans l’une des scènes non moins culte du film.
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Avec La vie est un long fleuve tranquille, Étienne Chatiliez peint une fresque familiale, sociale et satirique. La scène se déroule dans le Nord de la France. Deux familles que rien n’aurait jamais dû lier se retrouvent attachées par la force du destin. Nous avons d’un côté la famille Groseille, pauvre et beaufissime, vivant dans un HLM glauque de leurs larcins et autres coups fourrés, de bons cas sociaux caricaturaux. Parmi leurs 6 enfants, Maurice, 12 ans. Certainement le plus intelligent et le plus débrouillard. De l’autre côté, nous avons les Le Quesnoy, bourgeois cathos à la vie rythmée comme du papier à musique. Parmi leurs 5 enfants insupportablement polis et bien-pensant, Bernadette, 12 ans. Mais depuis quelques temps, la petite fille se comporte de façon étrange, se maquille notamment vulgairement devant le miroir…
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Le lien entre ces deux familles? Un gynécologue et son amante de secrétaire, qui un soir de Noël, dépitée et blessée par l’ingratitude de son amant, décide de se venger en échangeant deux nouveaux-nés. Maurice devient Groseille, Bernadette devient Le Quesnoy. Douze ans plus tard, la dite secrétaire, à nouveau blessée par le comportement de son (même) amant enfonce le dernier clou de la vengeance en révélant le méfait.
Fidèles à leur “âme charitable”, les Le Quesnoy décident d’adopter Maurice. De là va commencer une toute autre vie, soudainement bordélique et incontrôlable. C’est que Momo, derrière son look d’enfant de coeur échappé d’un camp scout est toujours un Groseille…
Un film générationnel sur fond de réflexion sur l’éducation, sur l’inné et l’acquis. Une fresque bien française de personnages caricaturaux où les riches et les pauvres sont aussi cons les uns que les autres mais attachants, saupoudrée de dialogues et de phrases cultes dont on ne se lasse pas!
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P.S: l’amoureux québécois s’est bien marré devant ce film dont il n’avait jamais entendu parler…et certaines phrases cultes ont déjà été bien intégrées ;)
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Et vous, quels sont vos films d’enfance chouchou?
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19 comments on “Ces films français de mon enfance – Années 80

  1. Julie
    November 5, 2013 at 11:34 pm

    Bon je ne dis pas que ce sont mes favoris, mais s’il n,a jamais vu La cité de la peur, les Bronzés et les Visiteurs…. ca s’impose !!
    Et 4 garcons plein d’avenir, tu l’as vu ? Moi ce serait ca mon film culte !

  2. Sarah M
    November 6, 2013 at 12:32 am

    Oui oui, il connaissait bien les Bronzés et les Visiteurs ;) J’ai horreur de la Cité de la peur mais je vais tenter le coup…et 4 garçons plein d’avenir? Connais pas…tu m’intrigues!! Merci Julie !!

  3. Aurélie-Letizia
    November 6, 2013 at 4:42 am

    Ah la Boum, un classique des soirées d’hiver, immanquable chaque année ! :D Super sélection Sarah, je vais aller éduquer le chéri québécois aussi (je lui parlais d’ailleurs l’autre jour de La vie est un long fleuve tranquille et de la fameuse réplique “le lundi c’est ravioli” haha !

    Et félicitations pour ton nouveau design de blog, tu m’en as souvent parlé et bien bravo c’est très réussi ! xx

  4. Sandy
    November 6, 2013 at 7:01 am

    Merci pour ces souvenirs :-)

  5. Sophie S
    November 6, 2013 at 10:22 am

    Si on m’avait demandé de faire une liste, j’aurais cité exactement, mais alors exactement les mêmes que toi ! Ceci dit pas étonnant : même âge, même famillle = mêmes références culturelles …

  6. Sarah M
    November 6, 2013 at 3:35 pm

    @Aurélie-Letizia: Les répliques d’un long fleuve tranquille sont tellement cultes, je me rends comptes qu’elles sont presque entrées dans notre vocabulaire ;) Et merci, je suis contente que le nouveau design te plaise :)

  7. Sarah M
    November 6, 2013 at 3:37 pm

    @Sophie: J’adore!! Pas si étonnant en effet, on est un peu des clones niveau références culturelles ^^ xxx

  8. Noémie
    November 7, 2013 at 6:28 pm

    évidemment tous ces films c’est bcp de nos souvenirs d’enfance, ça me replong de longues années en arrière, c’est étranger…

    et surtout ce qui est dingue c’est que je me rappelais plius de ce film “le grand chemin” et là en te lisant : gros gros flash !!

    sinon j’attends la sélection pour les années 90 !

  9. Sarah M
    November 9, 2013 at 6:47 pm

    Ah Le Grand Chemin!! Ce qu’on a pu le regarder ce film :)

  10. Sandy
    November 10, 2013 at 11:16 am

    E T l’extra terrestre et Les Goonies !

  11. Sarah M
    November 12, 2013 at 1:29 am

    En fait, l’article portait sur les films français ;)

  12. Charlotte de Ma vie en rose bonbon
    November 12, 2013 at 2:08 am

    Il y a quelques semaines, on a eu un revival de “Les Visiteurs” à l’agence. Résultat, je l’ai regardé avec Leslie et Sébastien… Qu’est ce que c’est drôle.

    Mais je crois sincèrement que Le Grand Bleu, c’est le film le plus marquant de mon enfance. J’y ai découvert le mot “passion”.

    Des bisous.

  13. Sam
    November 13, 2013 at 4:58 am

    J’adore ta liste… et j’y rajouterais “Génial, mes parents divorcent !”
    xx

  14. Sarah M
    November 13, 2013 at 4:51 pm

    @Charlotte: Les Visiteurs! Il me fera toujours autant rire ce film :) Quant au Grand Bleu, nous avons là un point commun. Ce film a marqué mon enfance, mon adolescence et me suit encore aujourd’hui. Je le revois chaque année avec la même émotion <3

  15. Sarah M
    November 13, 2013 at 4:52 pm

    @Sam: J’avais complètement oublié l’existence de ce film!! Merci pour le reminder :)

  16. Sandy
    November 30, 2013 at 9:47 am

    Oups, non non je ne suis pas hors-sujet ;-)
    Et oui “Génial mes parents divorcent” est aussi dans ma liste !

  17. Laetitia Brock
    July 22, 2016 at 7:30 pm

    J’ai jamais trop aime la Boum, par contre je suis toujours amoureuse de Jean-Marc Barr. Je me souviens tres bien avoir vu le film au Grand Rex quand il est sorti!

  18. Sarah M
    September 7, 2016 at 7:33 pm

    Jean-Marc Barr dans le Grand Bleu…<3 <3 Toute une histoire!!

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