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Un dimanche à la cabane à sucre : L’Érablière des portes de fer, parfaitement authentique et familiale

À la sortie de l’hiver, le passage par la case “Cabane à sucre” est devenue une tradition. Le signal qui marque l’arrivée – prochaine?!! – des beaux jours, la fonte des neiges, et la récolte de l’eau d’érable. Cette année, difficile d’y croire tant l’épaisseur immaculée refuse de céder du terrain. Mais la gourmandise n’a pas de saison. Et puis, après un tel hiver, “cabane à sucre” rime d’autant plus avec “récompense” n’est-ce pas?!

En ce dernier dimanche de mars, c’est donc sous une tempête à s’en déboussoler les sens que nous avons quitté Montréal pour le Mont Saint-Hilaire. Notre destination? L’Érablière des Portes de Fer. Une cabane à sucre comme on en trouve bien trop peu: petite et mignonette sans être pour le moins rétro, familiale et parfaitement authentique, délicieusement savoureuse…enfin! 

À vrai dire, je commençais à ne plus trop y croire. Après avoir testé bon nombre de cabanes bruyantes, dont je ressortais prête à rouler, l’estomac au bord des lèvres. Après avoir navigué au fin fond du Québec pour un semblant d’authenticité et être tombées sur d’énièmes célébrations de la kitscherie, l’Érablière des Portes de Fer est apparue comme une épiphanie!

Pour la petite histoire, cette cabane étant celle d’un couple d’amis et de leur famille, j’y étais allée plusieurs fois armée de mon seau en plastique pour récolter l’eau d’érable et alimenter avec toutes les autres fourmis motivées l’alambic qui transformerait à la chaleur du feu de bois l’eau en sirop. J’avais d’ailleurs publié un article sur mon expérience. Certains d’entre vous m’avaient alors écrit enchantés mais elle était – jusqu’à cette année – privée. Vous comprendrez que je suis d’autant plus heureuse de vous annoncer son ouverture au public et de la tester pour vous!!

On arrive à l’Érablière des Portes de fer par un petit chemin à travers les bois. Une mise en contexte…et en appétit!

Bâtie des mains de Mehdi, son propriétaire, la cabane à sucre des Portes de Fer est tout en bois et vitres. Une invitation à la contemplation devant cette nature à perte de vue. C’est d’ailleurs drôle comme , à peine arrivés dans ce Winter Wonderland, on oublie à quel point on déteste la neige montréalaise. Ici point de bouillasse, mais une poudreuse blanche et fraîche inspirante.

Une histoire de famille… et d’amitié! 

Arrivés pour le service du midi, nous prenons place sur les bancs qui longent l’immense table de bois franc – le tout également confectionné par Mehdi, je suis bluffée! Au bout de la table, Logan, fils de la cuisinière – une amie de longue date de Mehdi – parfait ses dessins, la mine très concentrée. De son grand sourire, Lucie et son adorable bout’chou de 9 mois nous accueillent. Chargée de projet web en semaine, Lucie accompagne son amoureux Mehdi le weekend à la cabane dans cette belle aventure. “Nous commençons avec la cabane à sucre, mais nous avons bien envie de poursuivre l’expérience après le temps des sucre. Pourquoi pas en faisant table d’hôte!”, nous explique Lucie. Une chose est sûre, les lieux sont parfaitement chaleureux et son ouverture au public n’entâche en rien cette âme accueillante.

Produits locaux et savoureux au menu

Entre deux fous rire et gazouillis, on nous apporte un appétissant plateau. Au programme? Un pâté de campagne aux tomates séchées et un pâté de foie de canard au porto absolument divins, venant tous deux de la Charcuterie Trois Petits Cochons à Sainte-Hyacinthe. Un chutney de tomates et un creton maison à réveiller les papilles. Et des fromages locaux: un Mouton Noir et un Douanier Medium provenant de la Fromagerie Fritz Kaiser à Clarenceville, et L’Aura, dégoté auprès de la Fromagerie Damafre à Saint-Damase.

Le tout est accompagné de betteraves marinées, d’oreilles de crisse (rien à faire, je ne m’y ferai jamais…quelqu’un veut ma portion?), de pain frais…et d’une soupe au pois à réconcilier avec le genre!

Concoctée à partir de la recette traditionnelle de la famille, cette soupe au pois fait l’unanimité autour de la table. Les garçons se lèvent pour en reprendre…mais, mis en garde par Lucie qui sait tout ce qui arrive ensuite, ils décident d’opter pour la sagesse et reposent la louche.

En effet, la suite est pour le moins copieuse: un immense jambon fumé (Charcuterie Trois Petits Cochons) et des pilons de poulet marinés bardés et laqués à l’érable accompagnés des traditionnelles fèves au lard à l’érable, de pommes de terre et carottes cuites dans le fond de jambon et – Halléluiah!! – d’une salade de laitue Boston, pommes et pacanes, assaisonnée d’une crème fraîche à l’érable et au citron.

Les retours sont dithyrambiques. Même l’ami Gilles, chef de Cuisine & Révérence et fin gourmet approuve. La cabane à sucre peut donc être une expérience gustative fine et excitante!!

Comment avoir de la place pour le dessert après tout ça me demanderez-vous? C’est là que l’entraînement de 31 ans de gourmandise paie. C’est simple, il y a TOUJOURS de la place pour un dessert! Le corps doit bien s’auto-programmer ;)

Je n’ai jamais été fan de la Tarte Tatin (bien que celle-ci soit caramélisée au sirop d’érable!), mais les choux à la crème d’érable et les petites  guimauves maison qui fondent sous la dent…que dire…euphoriques!!

Évidemment, après un tel festin…une seule chose à faire: marcher.

Et là, bonheur, l’érablière nous tend ses longs bras parsemés de chaudières. De quoi se promener dans les bois à la recherche des traces d’animaux. On aurait ainsi détecté des traces de lapin, de chevreuil, d’ours, de loup, d’écureuil traînant un butin, bref une imagination enfantine – et adulte, avouons – débordante.

D’ailleurs, en cet après-midi blanchâtre à défaut d’être champêtre, on ne savait plus trop départager qui avait 6 ans de qui en avait 30 tassées.

(Mehdi à gauche, la jolie Ismérie, Logan et le chéri apprenti Obélix à droite)

Il suffit de regarder petits et grands devant l’arrivée de l’érable chaud coulé sur la neige pour s’en convaincre: la tire sur glace réveille les âmes d’enfant!

De quoi parfaire une journée pour le moins chaleureuse et gourmande.

Autant dire que la dernière descente à travers bois pour rejoindre les voitures était à point nommé. Une dernière petite marche avant le retour à Montréal!

 

Infos pratiques:

Quand? L’Érablière des Portes de Fer est ouverte jusque fin avril. Services à 12h et à 18h le week-end et sur demande en semaine (la cabane peut ouvrir pour des groupes à partir de 8 personnes).

Prix par personne: 37 $ (hors taxes et tips).

Où? Érablière des Portes de Fer – 737, chemin Rouillard, Mont Saint-Hilaire

Réservations au 450 467 31 21 ou par courriel à erablieredesportesdefer@gmail.com

 

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4 comments on “Un dimanche à la cabane à sucre : L’Érablière des portes de fer, parfaitement authentique et familiale

  1. Aurélie
    April 4, 2014 at 9:43 pm

    Super article et ça a l’air en effet délicieux ! La famille de mon chéri a aussi une cabane privée et j’ai tellement hâte d’aller porter mes petites chaudières ce week-end enfin ! :D Vive les cabanes à sucre typique et bravo à Lucie et Mehdi !

  2. Lucie
    April 12, 2014 at 3:59 pm

    Merci Aurélie! En effet c’est vraiment une super expérience d’apprendre tout le processus de fabrication du sirop d’érable et d’y participer. Ça fait de nous de vraies québécoises d’adoption!

  3. Isabelle
    April 26, 2014 at 4:03 am

    Oh! Merci chère Parisienne! Nous venons d’emménager tout près et en bons Québécois, nous avons cherché (en vain) une cabane à sucre digne de ce nom. Je partage votre incapacité à ingérer les oreilles de crisse. Pô capable! Nous vous recommandons le Verger du flanc sud (au temps des pommes) du même côté de la montagne. Verger intime, peu connu et offrant la Honeycrisp, la pomme dont on ne peut plus se passer.

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