Voyage au Pérou - Hôtel Libertador Puno
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Pérou #4: Puno et son lac Titicaca {version luxe}

{Carnet de voyage au Pérou – 4e épisode}

Quitter la douceur d’Arequipa et notre havre de paix fleuri ne fut pas chose facile, mais la curiosité et la promesse d’aventures ont heureusement vite pris le dessus. Adieu torpeur de pachas en terre d’Eden. Hello route aride et cahoteuse! Notre prochain arrêt? Puno et son mythique Lac Titicaca…

Jeudi 13 mars 2014. Réveil aux aurores pour rejoindre l’aéroport terrestre (aka le terminal de bus – mais l’appellation péruvienne est tellement plus poétique vous ne trouvez pas?). Enregistrement des bagages et petit thé de dernière minute dans un petit bouiboui du terminal aux allures de centre commercial décrépi. Ma mère, qui n’est plus à un snobisme près, tente d’expliquer dans un espagnol de son invention que non, elle ne souhaite pas un thé mais de l’eau bouillante car voyez-vous, “j’ai mes deux petits sachets Mariage et Frères”. Instant cocasse où la vendeuse mal réveillée et agacée capitule devant deux folles de touristes prêtes à payer deux thés sans thé.

Nous voilà donc quelques minutes plus tard dans le lounge de Cruz del Sur, nos verres en styromousse blanche fumants, attendant d’embarquer dans ce que nous appellerons avec émerveillement “la Rolls du bus”. Car, contrairement à toute attente et préjugé, les bus Cruz del Sur sont rutilants.

Rien à voir avec nos bus Greyhound poussiéreux des années 80! Les bolides aux vitres panoramiques offrent deux étages avec sièges en cuir confortables, hôtesses et petit kit d’accueil. Le grand luxe finalement! D’autant que ce que nous allions découvrir en termes de paysages était absolument inattendu.

En effet, si on se serait bien passé de Titanic à pleins décibels – un poil agaçant le Yaaaaack! Yaaaaack! en tremolo espagnol – et du retard de 2 heures, le voyage fut une expérience en soi.

Confortablement installées au premier rang du 2e étage, on était littéralement propulsées dans la pampa péruvienne. 180 degrés de vitres pour une immersion totale dans la nature à l’état brut. L’occasion parfaite de goûter pour la première fois à l’étendue impressionnante de la nature péruvienne, vigognes et alpagas en prime!

Un spectacle qui se délecte dans un marasme croissant. Car, qu’on le veuille ou non, le passage des 2 335 mètres d’altitude d’Arequipa aux 3 827 mètres de Puno ne passe pas inaperçu.

L’air qui paraissait si léger et anodin devient progressivement lourd et étouffant. Le crâne semble se rétracter, les pulsations du coeur s’accélèrent. Un simple voyage jusqu’aux toilettes du fond du bus se transforme en lutte. Lutte pour l’air qui se fait si rare. Lutte pour contrôler ces nausées qui deviennent si insistantes. Lutte pour ne pas céder la maîtrise de son corps à cette force occulte qui tente de nous plonger dans les limbes obscures et paralysantes.

L’arrivée à Puno sonna donc comme une délivrance autant qu’une condamnation. Si nous retrouvions avec soulagement l’air frais du bord du lac, on se rendait également compte avec un désespoir certain que nous étions pris comme des rats. Deux jours et deux nuits prisonniers de cette ville perchée, où les humains vivent par on ne sait quel miracle!

Dans un dernier effort qui me paru alors surhumain, nous nous sommes hissées dans un taxi, nous laissant conduire à notre hôtel.

Situé sur une presqu’île au coeur du Lac Titicaca, l’hôtel Libertador, est apparu comme un mirage. Le luxe ultime du silence, de l’accueil au petit soin et du repos annoncé.

Puno - vue de l'hôtel Libertador Lac Titicaca

Posé dans un écrin de nature luxuriante, cet hôtel de béton blanc immaculé ne pouvait pas mieux tomber.

Une pause de confort reclus, pour retrouver ses forces.

Après un accueil des plus attachants par quelques alpagas curieux, nous avons rejoint la réception, où, comprenant assez vite notre état second, un préposé à l’accueil se dépêcha de nous offrir deux tasses de “mate coca“. Infusée dans de l’eau chaude, la feuille de coca offre des propriétés apaisantes en cas de mal des montagnes. Un remède de grand-mère d’une efficacité redoutable…et salvatrice!

Nous qui avions fait des plans sur la comète, poussées par l’envie de tout voir et de tout découvrir, nous avons dû déclarer forfait. Et rester alitées le temps que les symptômes passent…Échec et mat.

C’est d’ailleurs le problème du mal des montagnes. Mis à part un repos forcé et une limitation maximale des mouvements, il n’y a pas grand chose à faire pour le stopper.

Mais et c’est là que nous étions bien chanceuses, notre chambre offrait une vue imprenable sur le lac.

De quoi profiter de la vue et du room service sans trop de culpabilité. Deux feignasses de luxe en peignoir, avec pour seule occupation la contemplation…on a vu pire dans la vie non?

Seule sortie de notre caverne feutrée, le resto Los Uros de l’hôtel. Un délice de saveurs dans un décor privilégié…

Autant dire que nos âmes d’aventurières ont assez vite laissé de nouveau place à la vie de pachas gourmandes ;)

 

Mes adresses à Puno

Comment arriver?

Nous sommes arrivées d’Arequipa et avons choisi la compagnie Cruz del Sur parce que sa réputation sur les forums semblait unanime. Le voyage qui devait durer 5h30, dura finalement 7h30 pour d’obscures raisons, sinon un énorme embouteillage à Juliaca (gros centre névralgique de la région et ville absolument hideuse). Le coût du voyage? 59 soles par personne.

Se loger

Nous étions gracieusement logées par l’hôtel Libertador de Puno, situé sur l’Islas Esteves qui donne directement sur le lac Titicaca. Je tiens d’ailleurs à remercier particulièrement le staff de l’hôtel pour son accueil des plus chaleureux. Le coût d’une chambre oscille entre 126 et 180 USD selon les périodes et comprend un transfert gratuit depuis l’aéroport de Juliaca. L’avantage majeur de l’hôtel est sa localisation. Sa vue imprenable sur le lac et son confort permet de profiter de son séjour, même en cas de mal des montagnes, comme ce fut notre cas. Rétrospectivement, je me serais mal vue chez l’habitant ce jour-là car j’aurais été bien incapable d’être aimable avec mes hôtes. L’hôtel nous est apparu comme un bon tampon avant de reprendre la suite de notre visite, au coeur cette fois de la ville.

Où manger

Le restaurant Los Uros de l’hôtel Libertador est absolument parfait. C’est certain que les prix ressemblent plus à ceux de Montréal ou Paris que d’un bouiboui péruvien mais il s’agit d’un restaurant gastronomique. À la fois santé et savoureux, il offre une cuisine néo-andine à épater les curieux. Nous y avons mangé notre petit-déjeuner, deux lunchs et un dîner…mis à part le cochon d’Inde que je tenais absolument à goûter mais qui m’a franchement écoeurée, tout les plats que nous y avons mangé étaient à la fois surprenants et réconfortants. Une valeur sûre fort appréciable quand on ne se sent pas au mieux de sa forme!

 Les épisodes précédents

Si vous rejoignez la visite en route, je vous invite à parcourir les articles précédents:

#1 Prélude d’un voyage euphorisant

#2 Rencontre avec Arequipa

#3 Sérénité et histoire à Santa Catalina

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