Visiter Puno - Lac Titicaca - Los Uros
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Pérou #5: Puno et son lac Titicaca {Partie 2}

{Carnet de voyage au Pérou – 5e épisode}

Et si on s’évadait encore au pays des couleurs, des lamas et des incas? Si vous avez suivi le récit depuis le début, nous nous quittions à la fin de l’épisode précédent à Puno, sur la petite île d’Esteves. Mises au KO technique par un mal des montagnes tenace, nous admirions avec un certain ébahissement de poules de luxe le Lac Titicaca depuis notre belle chambre d’hôtel.

Lendemain matin. Le crâne se libère peu à peu et nos avancées tanguent heureusement moins. Déterminées à ne pas nous laisser abattre, on envisage enfin de quitter notre bunker pour explorer Los Uros, ces fameuses îles flottantes du lac Titicaca. Rendez-vous pris avec un guide local, dont le bateau nous attend au bout du ponton de l’hôtel.

Los Uros, où comment tomber à pieds joints dans un attrape-touriste

30 minutes de navigation plus tard, le bateau s’arrête à la porte d’entrée / péage des îlots. Notre guide nous explique qu’il doit verser un droit de passage au chef des îles et attendre que celui-ci lui dicte quelle île visiter: “Le grand chef a instauré des quotas de visiteurs pour chaque île. Avant, on allait où on voulait. Mais maintenant, chaque île doit recevoir le même nombre de visiteurs. On est donc obligé de respecter notre affectation”.

Nous arrivons donc sur un petit îlot de joncs, où nous attendent deux femmes. Les échanges sont pincés – une première depuis notre arrivée au Pérou. On nous demande de nous installer sur un petit banc de paille pendant que notre guide, assisté des deux femmes, nous fait son show bien huilé.

Le Lac Titicaca qui, vu d’avion, aurait une forme de puma et expliquerait son nom (titicaca = puma en Quechua). La fabrication ancestrale des îles en jonc, un travail incessant de reconstruction. La séparation des îles, en raison de disputes. Quelques informations intéressantes, avec en toile de fond une présentation d’objets artisanaux. Poupées, tissus, mobiles pour enfants, figurines s’enchaînent devant nos yeux.

Poussées dans la “maison” de l’une des femmes, on nous habille en tenue locale, “photo! photo!”. Ressorties deux secondes plus tard (la maison a tout d’un canular vide), “vous devez acheter des objets pour la remercier de vous avoir laissées visiter sa maison”, nous glisse le guide. Là, première question: le mec nous prend vraiment pour des cruches au point de croire que la maison est réellement occupée? Passons. On achète chacune des bricoles qui finiront bien en cadeau.

À peine les billets échangés, nous voilà à nouveau poussées, cette fois dans un petit bateau de paille. “Ils vous emmènent visiter une autre île!” Euh OK. Étrange mais pourquoi pas.

10 minutes de ramage et un sur-place plus tard, on nous montre la sortie. Je glisse quelques pièces à la dame en guise pourboire quand je vois son regard tourner noir. “C’est xx dollars (je me souviens plus du montant…) par personne pour la croisière” Interloquée, je me retourne vers le guide. “Oh, ils ne vous ont pas dit que c’était payant? Vous devez payer, c’est comme ça”.

Ambiance amère et l’impression de s’être fait prendre pour un beau jambon fluo, on remonte dans notre premier bateau direction l’hôtel. Évidemment, on se le fera confirmer plus tard, seuls 40% des “habitants” de Los Uros y vivent réellement. Ces îles sont devenues un métier, comme d’autres endossent le costume de Mickey.

“Ceux qui vivent vraiment là n’acceptent pas les touristes. Ils veulent qu’on les laisse en paix”, apprendra-t-on plus tard de la bouche du propriétaire de notre prochaine halte.

Sur le chemin du retour, je discute de la situation avec le guide. Celui-ci est visiblement conscient de l’approche court termiste et de l’appât du gain facile, sans vision durable. J’apprends ainsi combien le lac est pollué et combien les populations qui vivent réellement sur ces îles, ne profitent pas équitablement de cette manne financière créée de toute pièce. Triste, triste constat.

Je regrette de ne pas avoir eu le temps de pousser plus loin sur le lac, d’avoir pris le temps de dormir chez l’habitant sur une île plus reculée et donc moins touristique. Ou même, mieux encore, d’être passée du côté bolivien comme de nombreux voyageurs le recommandent. Puno est la solution facile, surtout quand on y reste très peu de temps mais quel dommage de contribuer à cette mascarade. J’en suis honteuse.

À la découverte de Puno et de la Casa Panq’arani

Après le luxe de l’hôtel Libertador, nous avons opté pour un petit Bed & Breakfast du centre-ville pour passer notre deuxième nuit à Puno. La Casa Panq’arani, créée par Edgar et sa femme, est un véritable havre de paix. Tout ce qu’il y a de plus charmant, authentique et reposant. Passionné par sa ville, Edgar connaît la région comme sa poche et n’est pas avare en bons conseils. C’est d’ailleurs ce qui fait que, malgré le luxe des grands hôtels, je ne pourrai jamais me passer des petits B&B. C’est dans ces haltes chargées d’âme que le pouls d’une ville ou d’un lieu se prend. Vous ne trouvez pas?

Quand nous sonnons à sa porte, Edgar nous ouvre mais ne cache pas son étonnement. Malgré les mails échangés et notre confirmation téléphonique en anglaispagnol approximatif, il n’avait pas compris que nous arrivions aujourd’hui. Heureusement, en ce mois de février, seule une chambre est occupée. Il nous ouvre donc les portes de son jardin et nous porte gentiment nos sacs vers notre chambre.

Nous découvrons un joli petit jardin d’éden, avec un long balcon de bois et une terrasse où bouquiner tranquillement au soleil. Quant aux chambres, elles sont simples mais si confortables et douillettes!

Les sacs posés. Nous partons explorer la ville. Rien à voir avec le charme d’Arequipa, Puno est une ville péruvienne à l’état brut. Une ambiance qui s’explique certainement par son extrême altitude et sa petite taille. Y vivre est en soi une prouesse, y rester un exploit. C’est ce que nous expliquera plus tard Edgar chez qui nous dînerons plus tard un délicieux repas préparé par sa femme.

“Les jeunes doivent quitter la ville s’ils ne veulent pas travailler sur les îles à touristes ou veulent faire carrière”, nous explique Edgar, dont les enfants et petits-enfants sont disséminés entre Lima et la Vallée Sacrée.

C’est certain que Puno n’est pas vraiment jolie, ni intéressante en soi. Mais elle a quelque chose d’attachant et surtout, à écouter Edgar en faire ses louanges, je comprends combien, nous touristes, la négligeons. Elle est le point de départ de si nombreuses excursions!

Enfant de Puno, Edgar a travaillé pendant 25 ans au sein de son université, et n’en est jamais parti. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne lui avait pas préféré une ville dynamique et moderne comme Lima, il m’a répondu cette phrase à laquelle je pense encore souvent: “Je vis au Paradis! Puno est si haute que nous chatouillons les Dieux. Pourquoi en partir?”

 

Mes adresses à Puno

Dormir à petit prix à Puno

Casa Panq’arani – Calle Arequipa no 1086 – 130 soles pour une chambre double, WiFi (de bien meilleure qualité qu’au Libertador!) et petit-déjeuner compris. 40 soles par personne pour le repas du soir (sur demande).

 Les épisodes précédents

Si vous rejoignez la visite en route, je vous invite à parcourir les articles précédents:

#1 Prélude d’un voyage euphorisant

#2 Rencontre avec Arequipa

#3 Sérénité et histoire à Santa Catalina

#4 Puno et son lac Titicaca {Version Luxe}

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3 comments on “Pérou #5: Puno et son lac Titicaca {Partie 2}

  1. Ollie - Some Steps Away
    April 27, 2015 at 3:05 pm

    Je découvre ton blog avec plaisir au fil de mes pérégrinations sur le web, je cherchais si visiter le lac Titicaca depuis Puno valait la peine et tu as bien répondu à ma question ! Maintenant je m’en vais lire de ce pas le reste de tes récits sur le Pérou, j’aime beaucoup tes photos :)

  2. Sarah M
    April 29, 2015 at 12:42 am

    Merci beaucoup Ollie! Bon voyage au Pérou…quel pays splendide!!

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