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Guide de survie à l’hiver québécois 102

Me revoilà, la Parisienne bobo du 11e, à rempiler pour un sixième hiver québécois. Cette année, avouons que c’est un peu de la triche. L’automne printanier a donné dans les prolongations, et notre Noël avait plus l’air d’un remake de weekend d’octobre que de notre Narnia habituel. Autant vous dire que je ne m’en suis pas plainte une seule fois. Au contraire, je remerciais le ciel chaque matin de me laisser profiter encore un peu plus de mes bottines Jonak. Vous savez, ces petites beautés de cuir fin, qui ne peuvent vous accompagner sur le bitume montréalais que 2/3 semaines par an, entre l’hiver et l’été, puis pendant que les feuilles tournent au rouge en octobre. Bref, cette année, miracle, la première tempête de neige s’est bien laissée désirer.

Mais alors quand elle a frappé, finis les barbecues grapillés à l’hiver, finis les bus attrapés au vol en courant. En une journée, le mercure chutait dramatiquement pour enfiler son manteau épais blanc. La neige, la vraie. Bien poudreuse et fraîche. Partout dans les rues de Montréal.

Fêtes obligent, la danse des déneigeuses n’a commencé que début janvier, ratiboisant nos jolis chemins blancs avec la frénésie de ceux qui trépignaient de sortir leurs tracteurs et pelleteuses. Le ballet des déneigeuses en version tectonique.

J’ai regardé une dernière fois mes Jonak, puis j’ai sorti mes moufles, mon bonnet en alpaga et mon écharpe tricotée. Démunie devant mon placard, les bras ballants, je regardais d’un air circonspect mon Canada Goose me faire de l’oeil. Résignée, je l’ai enfilé, me suis dirigée vers la porte…avant de le renvoyer, par un éclat de rébellion, dans son placard.

Ok, après 6 hivers, on trouve de nouvelles solutions pour survivre – avec style – à l’hiver québécois!

Vos derniers commentaires sur la version 101 ont achevé de me convaincre. Après la stratégie grand froid paranoïaque de l’arrivée, la résistance stylistique des premières années, puis la capitulation de blasée frileuse, voici une 4e phase dans ma relation houleuse d’amour-haine avec l’hiver canadien: hey you (ou plutôt eille toé), tu ne m’auras pas comme ça!

Alors pour cette version 102, je vous propose une approche plus en nuance et féminité du guide de survie à l’hiver québécois!

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* L’hiver québécois, depuis l’extérieur de notre snowball, est perçu comme uniformément blanc et arctique. D’où les apartés épouvantés des tantes parisiennes aux fêtes de famille: “Mais l’hiver…comment fais-tu? Ça doit être terrible!”. Bon, alors précisons les choses. Non, il ne fait pas moins 30 pendant 6 mois. L’hiver québécois se décortique par strates. Il y a les jours où il fait tout doux, de – 5 à + 3 degrés, quelques flocons peuvent flotter dans le ciel, on se sent léger, nos déplacements filent avec fluidité. Car, rappelons-le, un -5 à Montréal n’a absolument rien à voir avec son équivalent humide parisien. Quand à Paris, la superposition de couches ne suffit pas à stopper ce grelottement incontrôlable, un simple pull en laine sous un manteau coupe-vent suffit ici. Il y a ensuite les jours “super chauds” où le mercure dépasse les + 3. Ces jours-là, vous allez dans le Ghetto McGill et les étudiants américains sont en short…Après, il y a évidemment ces jours polaires, heureusement rares, quand on descend au-deçà de moins 20, et que sortir fait preuve d’acte de bravoure pour moi. “Chéri, aujourd’hui, j’ai été à l’épicerie!”. “C’est bien mon coeur…”. Fierté de la fille qui n’en revient toujours pas d’avoir réussi à marcher sur la glace sans s’étaler tous les 2 mètres…et senti son nez dégeler. Car un nez qui congèle, c’est rien. Justement, on sent rien. Mais attendez qu’il dégèle et on en reparle. Évidemment, il y a encore plein d’autres strates mais je me rends compte en écrivant que je suis intarissable sur le sujet!

* Le cas des Sorel. Prise 2. Malgré le fait que certaines d’entre vous ne soient pas d’accord sur ce point, les SOREL restent l’un de mes meilleurs achats de 2014. Maintenant, nuançons un peu: elles sont grosses, elles sont lourdes et donnent une démarche de mammouth. J’avoue que sur l’échelle de la grâce, on repassera. C’est pourquoi je ne les mets que dans deux cas bien précis: les weekends au chalet et les jours de tempête, quand se mouvoir dans une piscine de neige revient à faire des abdos-fessiers.

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* Quelles alternatives aux Sorel ? Heureusement, il y en a plusieurs, testées et approuvés,  par vous ou par moi. Dans la version glam’ rock, nous avons les bottes d’hiver dessinées par la marque italienne Anniel. Un petit bijou sur lequel je lorgne déjà depuis quelques saisons, quand je les ai découvertes au showroom d’Anniel à Paris. Je les ai repérées à Montréal sur l’avenue Laurier Ouest, et mon amie Clotilde me dit avoir acheté les siennes chez Club Monaco! Sinon, évidemment, il y a internet. Autre option revival années 1990, les Moon Boots. Bon là encore, on repassera sur la démarche, mais à chaque fois que je les vois sur mon amie Marion, je craque. Ces bottes de neige ont du peps’, du swag et une bonne dose d’humour en mode Les Bronzés font du ski. Plusieurs boutiques les ont à Montréal mais en version assez classique, le web reste encore la meilleure façon de les dénicher dans des versions plus flyées. Sinon, crème de la crème, Rolls’Royce de la botte d’hiver…les bottes La Canadienne! Les Tami en peau de mouton fourrées sont canons! Un brin hors budget, mais canons.

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* La mode unisexe pour citadins. Pour marcher en ville en toute liberté sans pour autant prendre l’eau, deux marques s’imposent, sans différenciation de sexe: Timberland et Palladium. Les deux rappellent certainement des souvenirs aux trentenaires puisque ces marques ont connu leur heure de gloire dans les années 1990 avant de sombrer dans l’anonymat. Elles redorent aujourd’hui leur blason avec une approche urbaine et lifestyle qui séduit les abeilles citadines que nous sommes. J’ai les Palladium Pampa Waterproof depuis presque deux ans et je ne m’en lasse pas. Une révélation tant elles sont légères et confortables! Je les avais achetées par une journée post blizzard à New York et elles m’accompagnent depuis un peu partout. J’ai même fait le Pérou avec!

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* Est-ce qu’on parle du manteau d’hiver? C’est drôle, il y a quelques années, j’avais écrit un article à ce sujet. Et je me souviens d’une lectrice qui avait laissé un commentaire outrée que j’écrive sur un sujet aussi futile. C’est là que j’avais compris que nous vivons dans une bulle à part. Une bulle qui peut passer du 0 à moins 30 en une nuit. Ce qui n’est que préoccupation superficielle pour les uns peut donc vite devenir un facteur de survie pour les autres. Dans ma version 101, je me moquais de mon accoutrement de Française-fraîchement-débarquée-de-l’avion, emmitouflée dans mon Canada Goose, fourrure vissée sur la tête. Évidemment, je suis bien heureuse d’avoir cette arme fatale en cas de grand froid – quoi que…je m’aperçois que plus je la lave, moins ma parka me tient chaud – je ne la porte plus au quotidien. Pourquoi? Parce que ce machin pèse une tonne! Je me sens engoncée et manque de m’étouffer à chaque fois que je suis contrainte de la porter. Et dire que j’ai encore aperçu un parisien cet été – oui, cet été!! – en Canada Goose dans le Marais…Les mecs sont dingues! Les marques de manteau ne manquent pas au Québec! Ok, les modèles se ressemblent presque tous à quelques détails près, la créativité n’étant visiblement pas une priorité, mais certains ont le mérite d’être amplement plus féminins et élégants que le mastodonte arctique. Quelques noms pour se laisser séduire: Rudsak, Mackage, Penfield, Quartz Nature

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* Mais si l’idée d’avoir la même parka Grand Nord que votre voisine dans le métro commence à vous agacer un poil le pompom, l’une des meilleures options est de tricher. Je m’explique. Vous achetez une veste d’isolation dans une boutique de vêtements techniques (la mienne est un modèle Atom LT d’Arc’teryx), que vous glissez sous n’importe quel manteau en laine ou autre jolie pièce de votre choix. La veste a son prix, je vous l’accorde (autour de 250 $CAN), mais elle est si chaude et légère, que je l’enfile sous mes manteaux “traditionnels” sans aucun souci. J’adore quand les copines me disent, en mode mama juive ultra protectrice: “t’es bien téméraire de sortir comme ça, tu vas attraper froid!”. Attends, attends…Tadaaaa…j’ai mon armure anti-froid caché dessous! Yihaa!

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* Le détail qui tue. Sans vouloir jouer du cliché, tout est une question de détail. S’il y a une chose dans laquelle il est facile d’investir sans y perdre son plan d’épargne, c’est bien les accessoires! Chapeau en feutre, écharpes tricotées main en laine doudou, foulards épais en cachemire qui tourne trois fois autour du cou, moufles fourrées ou en laine doublée de polaire (pas de gant, en hiver. I repeat, pas de gant. Il faut que les doigts puissent se toucher à l’intérieur pour se réchauffer entre eux!), cols en fourrure (recyclée obviously), bas en laine à porter sur un pantalon skinny moulant ou des collants en laine (souvent bien plus chauds qu’une paire de jeans)…Je crois qu’après mon ras-le-bol d’hiver l’an passé, j’ai repris le goût de m’amuser avec l’hiver québécois. J’en suis la première étonnée, mais on s’amuse comme on peut n’est-ce pas? Ma nouvelle lubie? Piocher dans ma collection de broches pailletées ou colorées pour les accrocher sur mes gros pulls ou même mes manteaux.

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Crédits photos: il s’agit en couverture d’une photo tirée de mon compte instagram @uneparisiennem. Ensuite, nous avons à gauche une photo de @allaboutami en bottes Sorel, à droite deux photos de @jeannemap. La troisième photo, prise au Mont Saint-Anne, est également tirée du compte Instagram de @jeannemap (si vous ne connaissez pas ce compte, you’re in for a treat!), la photo de boots pailletées dans la neige est tirée du compte ô combien palpitant d’Anniel (@annielscarpinedaballeto), celle des Moon Boots est tirée du compte Instagram d’@weisst_du_wie_. Nous avons ensuite une photo de Timberland (gauche), une de Palladium (droite), puis une photo de Quartz Nature. Les deux suivantes sont tirées du compte Instagram de @blank_itinerary , celle d’après d’@alexstrohl (ce photographe est incroyable, je vous invite à aller voir son travail si vous ne le connaissez pas déjà). La photo de jeune fille de dos avec son joli chapeau est tirée du compte de @dentellefleurs, les yeux bleu vert sont ceux d’@alex.merell en manteau Mackage. Enfin, la dernière photo a été prise en Colombie Britannique pour le site Zastavki (qui propose d’ailleurs la photo gratuitement en fond d’écran).

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3 comments on “Guide de survie à l’hiver québécois 102

  1. Jeune Lady
    January 28, 2016 at 6:47 pm

    Toute cette neige donne tellement envie de sauter de joie ! Ce doit être froid certes, mais devant son écran: ça donne envie :)

  2. gabrielle
    March 3, 2016 at 6:44 pm

    Bonjour,

    merci pour la mention de notre marque dans votre guide! Très sympa votre blogue!

    L’équipe de La Canadienne

  3. Sarah M
    March 16, 2016 at 1:04 am

    Merci Gabrielle!

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