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Ce matin, j’assistais enfin à ma première conférence Creative Mornings. Rendez-vous à 8h chez Cossette pour un shot de créativité et d’échanges allumés, un café fumant en main. Au programme de cette matinée, le langage, un thème ô combien essentiel et vital pour la rédactrice que je suis, abordé par Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin, aka le duo musical de Milk & Bone. Continue reading

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Me revoilà, la Parisienne bobo du 11e, à rempiler pour un sixième hiver québécois. Cette année, avouons que c’est un peu de la triche. L’automne printanier a donné dans les prolongations, et notre Noël avait plus l’air d’un remake de weekend d’octobre que de notre Narnia habituel. Autant vous dire que je ne m’en suis pas plainte une seule fois. Au contraire, je remerciais le ciel chaque matin de me laisser profiter encore un peu plus de mes bottines Jonak. Vous savez, ces petites beautés de cuir fin, qui ne peuvent vous accompagner sur le bitume montréalais que 2/3 semaines par an, entre l’hiver et l’été, puis pendant que les feuilles tournent au rouge en octobre. Bref, cette année, miracle, la première tempête de neige s’est bien laissée désirer.

Mais alors quand elle a frappé, finis les barbecues grapillés à l’hiver, finis les bus attrapés au vol en courant. En une journée, le mercure chutait dramatiquement pour enfiler son manteau épais blanc. La neige, la vraie. Bien poudreuse et fraîche. Partout dans les rues de Montréal. Continue reading

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La première fois que j’avais vu les Billboards affichés, avenue du Parc, mon coeur s’est emballé. Avatar de James Cameron, revisité par la troupe du Cirque du Soleil! Mes yeux de gamine écarquillés, je répétais bêtement le mot Toruk, nom donné au dit spectacle.

Quand un peu plus tard l’échéance s’est approchée, mon regard a tiqué sur un nom: Centre Bell. Tout mon entrain écrasé par un nom. Ce mastodonte d’aréna, temple du Hockey et des Canadiens. Autant, j’aime la ferveur d’un match de hockey depuis les hauteurs des gradins, autant le concept de voir un spectacle avec une longue vue collé au coin de l’oeil me débecte. Je me suis fait un honneur de ne jamais – Ô grand jamais – retourner voir un spectacle au Centre Bell. Alors imaginez la déception. Toruk. Centre Bell. Toruk. Centre Bell. Non, vraiment, je peux pas.

Et puis une copine y a été. J’ai eu la confirmation que le spectacle avait été conçu pour la salle, qu’on y voyait très bien. Donc, quand j’ai découvert un billet de spectacle pour aller voir Toruk au Centre Bell à Noël, j’ai sautillé comme une gamine de 7 ans. Continue reading

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Cet été, je parcourais la Côte d’Azur et la Provence pour écrire deux guides de voyage. Une expérience aussi riche qu’intense, qui vient de se terminer puisque les manuscrits tout joliment mis en page par l’éditeur viennent de partir pour l’impression. En parcourant mes photos de ces deux mois et demi estivaux sur la route, je commence tout juste à prendre la mesure de l’aventure. Les souvenirs rejaillissement, les images se superposent et les émotions se cavalcadent.

S’il y a une destination qui m’a marquée, c’est Nice. Peut-être parce que j’avais tout une série d’a priori peu flatteurs à son sujet. Nice m’a surprise, enchantée, émoustillée. Pour la première fois, je passais une semaine à l’hôtel…pour le travail! Une vie de nomade chic qui m’a bien plu. L’Hôtel Villa Victoria était absolument parfait: accueillant, agréable, paisible…et bien situé. J’ai pu passer la ville au peigne fin, en découvrir les quartiers, les trésors connus ou plus cachés. J’y ai été accueillie très chaleureusement par l’Office de Tourisme qui, en me logeant dans ce havre de paix, m’a permis de me créer une bulle parfaite pour travailler. Tout en pouvant explorer la ville à mon rythme. Continue reading

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Soporifique, ennuyeux, awkward…les sobriquets qui déchantent ne manquent pas de fuser dans les critiques du nouveau mini film de Sofia Coppola, A Very Murray Christmas.

Me voilà perplexe car j’ai adoré. Tellement adoré que je l’ai déjà regardé deux fois depuis sa sortie sur Netflix. Et à chaque fois, la magie prend.

Je comprends que certains spectateurs puissent s’ennuyer. Après tout, c’est du Sofia Coppola. Place au tempo qui s’étire, à la suggestion et au mystère, aux moments de silence qui s’imposent avec une certaine ironie, sinon même une certaine impertinence. Du pur Coppola comme je les aime. Qui mettent en effet parfois mal à l’aise, qui dérangent et désarçonnent, surprennent là où on ne les attend pas, avec cet humour si décalé, si off beat.

Le film de Noël qui n’en est pas vraiment un, égratigné, embrassant la loose avec insolence et je-m’en foutisme. Continue reading

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Éclater de rire pour la bonne cause. Autant vous dire que quand j’ai été contactée pour partager avec vous le projet Un Rire Pour Un Rire de La Vache qui rit® pour l’association SOS Villages d’Enfants, mon coeur a fondu.

Cette association m’a toujours particulièrement touchée.

Peut-être parce que la Ddass a fait partie de mon enfance et que j’ai très vite appris que non, tous les enfants n’ont pas tous la chance d’être élevés par des parents aimants, équilibrés et fiables.

Combien d’enfants sont confiés chaque année aux services sociaux et ballotés d’un foyer à un autre? Combien d’enfants doivent apprendre à se construire, en équilibre, sur des bases de vie fluctuantes et incertaines? Or quand tout son univers d’enfant s’effondre. Quand tout ce qui était une évidence se transforme en point d’interrogation, il y a des radeaux qui sauvent. Des ancres auxquelles on s’accroche des deux mains, aussi fluettes soient-elles. Ces ancres ce sont les frères et soeurs. Des visages connus et familiers. Des points fixes dans le ras-de-marée. Des regards bienveillants qui rassurent. Des chuchotements d’histoires et de souvenirs partagés au creux de l’oreille. Des petites mains qui s’entrelacent et se donnent du courage pour continuer à regarder droit devant. Continue reading

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Difficile de croire qu’on est en décembre n’est-ce pas? La neige se fait désirer et les températures frôlent les maximales automnales. Noël semble si loin…Si loin que j’avoue avoir un peu de mal à me mettre dans l’ambiance des fêtes. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais j’oublie. Tout simplement.

En fait, je suis ravie de ce rab’ accordé par Dame Nature. Je me dis que ça nous donne le temps de mieux nous préparer à l’hiver. De le désirer presque.

Tandis que mon corps se règle au tempo hivernal, mon esprit gamberge sur les façons de transformer ce long sommeil blanc en période joyeuse, chaleureuse et douillette. Car, cette année, mon hiver sera canadien. Après ma fuite de l’an passé, j’ai au contraire envie de profiter de chaque instant, de faire la paix avec le froid et de me constituer un cocon confortable.

Alors plutôt que de rêver à des contrées exotiques, je rêve déco cocooning. Je pense cabane dans les bois, cidre chaud à la cannelle, plaids en laine et fourrure douce. Je pense bois de grange, houx fraîchement cueilli, terrariums d’hiver et guirlandes de pommes de pin. Je pense lumières qui scintillent, fleurs fraîches posées sur un bord de fenêtre et bougies qui ondulent. Tout pour donner le ton de l’hiver, pour rappeler sa beauté et sa quiétude. Continue reading

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Gloups. Gloups. La vague Marine du front national m’a engloutie. L’effet Tsunami j’imagine, car l’océan Atlantique est habituellement assez large pour prévenir les chocs mais là, je sais pas, depuis dimanche les vagues m’ont atteinte et mon visage a du mal à sécher. Je suis groggy. Pas envie d’en parler. Mais en même temps, terriblement envie d’en parler. Le bordel dans un cerveau de grenouille. La chieuse de Française qui a envie de râler. Puis le contre-effet de la Canadienne qui se dit qu’il faudrait peut-être un jour arrêter de juste râler, râler, râler jusque dans les urnes. Et de voir les choses autrement. Continue reading

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Ça pourrait être une vieille rengaine lancée comme une bouteille à la mer: “Show Must Go On! Show must go oooonnnnnnn!” Plus facile à dire qu’à faire n’est-ce pas?

Car soyons honnêtes, s’il est difficile de remonter sur scène en ces temps assombris par la peur, il n’est pas non plus facile de retrouver le chemin des salles obscures. Ces salles de concert, de théâtre, dans lesquelles nous avons tant ri ou frémi d’émotion, mais qui réveillent aujourd’hui les pires cauchemars.

Il y a quelques jours, mon amie Alice, Mademoiselle A de son nom de scène, me racontait son désarroi: Soixante annulations par soir, un spectacle créé de toute pièce, abattu par les terroristes en pleine ascension. Car voilà, le spectacle Mon Gainsbourg à Moi de Mademoiselle A, qui venait tout juste de reprendre quand les attaques ont eu lieu, ce spectacle éligible pour quatre catégories de Molière, encensé par la critique, dont l’horizon semblait enfin prometteur après un travail acharné et l’investissement personnel de toute une équipe créative…ce spectacle se joue à la Folie Théâtre, à quelques pas du Bataclan.

Or si Paris se relève de ses blessures, si les mouvements #jesuisenterrasse éclosent aux quatre coins de la capitale, il reste une zone encore entachée. Cette zone qu’on préfèrerait contourner, pour oublier, pour regarder de l’avant. Cette zone autour du Bataclan où les hommages aux victimes continuent leur ballet de peine et de recueillement. Continue reading

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À Montréal, il y a deux signaux qui annoncent l’arrivée de l’hiver: les premiers flocons blancs et le Souk @ SAT. Heureux hasard ou rendez-vous complice, les deux ont festoyé hier, insufflant avec grâce la magie des fêtes. Un concentré de douceur pour caresser mon coeur encore écorché et une bonne dose de vitalité créative pour éveiller mes sens.

Chaque année, j’attends le Souk @ SAT avec curiosité et intérêt. À chaque nouvelle édition, je prends un grand plaisir à laisser mon esprit divaguer en admirant les stands. Tous ces créateurs de talent réunis sous un même toit pour exposer leur savoir-faire et leur goût des belles choses. Je sais combien la sélection du Souk @ SAT est parfois incompréhensible pour les designers montréalais. Une sorte de roulette russe dont on ne sait jamais trop pourquoi on est sélectionné ou rembarré sans explication. Je comprends le désarroi de certains, mais en même temps, je me dis que c’est cette exigence, ce côté incertain, élitiste presque, qui en fait son succès. Entrer au Souk @ SAT n’est pas une mince affaire. Y rester encore moins. Continue reading

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Difficile de reprendre la plume tant la douleur est vive. Je ne trouve plus les mots. Ils s’entrechoquent les uns contre les autres. M’assaillent, m’anesthésient.

Quand mon téléphone a sonné vendredi, j’avais l’esprit léger, j’écrivais un article plein de chaleur hawaïenne, de soleil et de sable fin. Le paradis assombri en trois phrases. “Tu as parlé à ta mère? Tu as parlé à tes soeurs? Il y a une attaque terroriste à Paris”

Les deux heures suivantes n’ont été qu’horreur. Les centaines de messages échangés. Le rapatriement des troupes, “ne passe pas par le boulevard Voltaire! Ça canarde là aussi”, “C’est dans ta rue, tu as pu remonter chez toi?”, “tu as réussi à quitter le Stade de France?”, où est untel, où est untelle…un cerveau en mode urgences, à coordonner les déplacements, à s’assurer que les siens sortent indemnes de l’horreur. Une horreur qui se déroule en direct, les tirs de rafales en fond sonore. La famille et les copains barricadés, qui chez des potes à deux pas des attaques, qui dans un bar, qui dans un théâtre, en face du Bataclan, une femme pissant le sang à ses côtés. Et ces messages qui font tressaillir…”J’entends les tirs! J’entends les tirs!” L’horreur, irréelle et pourtant si palpable.

En ce vendredi 13 novembre au soir, j’ai eu peur. Peur à en grelotter de froid. Le froid de l’horreur. Le froid de l’abîme. Du néant qui recouvre la vie de son voile noir.

Jamais mon coeur ne m’a fait aussi mal. Serré à m’en faire suffoquer. Serré à en saigner.

Par la tristesse. Mais aussi par l’amour. Continue reading

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Réveil exorbité ce matin au petit-déjeuner. Le fil d’actualité se délie, fluide à son habitude. Puis, LA nouvelle flushgate du jour: depuis minuit, les vannes de nos égouts montréalais sont ouvertes. 8 milliards de litres d’eau attendus pendant les 7 prochains jours. Nos eaux sales, directement dans le Saint-Laurent.

Oh la nouvelle n’a rien d’une vraie nouvelle. On le savait depuis un moment que le projet se tramait en coulisses. Mais quand même, j’avais eu la naïveté de croire qu’en 2015, une équipe gouvernante bénéficiant d’un accès aux meilleurs ingénieurs et scientifiques du monde pouvait trouver une solution. Visiblement non.

Pire, la première parade aux huées qui s’abattent de Washington à Paris, et aux quatre coins de la Province, est de répondre: “Mais vous croyez quoi, c’est comme ça qu’on faisait il y a 30 ans!” Exactement, il y a 30 ans. En 1985. À une époque où se foutait pas mal de la gestion des déchets, où le changement climatique était un lointain débat de scientifiques avertis et d’écologistes vus comme des illuminés. Belle référence. Continue reading

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