Love-wins-paperfashion

Quelle époque formidable nous vivons. J’ai l’impression d’être une vieille grincheuse de 108 ans en écrivant ces mots mais tout de même. Depuis hier, vendredi noir pour les uns, vendredi arc-en-ciel pour les autres, mon cerveau siffle.

Le paradoxe de l’amour et de la haine dans son illustration la plus triviale.

D’un côté de la planète, nous célébrons l’amour à renfort de hashtags #LoveisLove ou Love Wins. L’Empire State Building et la Maison Blanche se parent des couleurs arc-en-ciel, les marques, hommes politiques, célébrités et même quelques villes crient leur soutien au mariage gay et à l’égalité devant le mariage. Cotillons rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet explosent dans une euphorie libératrice. “Enfin!”, s’écrie une bouteille Absolut Vodka arc-en-ciel.  “La diversité nous renforce tous et aujourd’hui, nous célébrons”, affiche American Airlines. Une piqure de rappel qui réchauffe le coeur et redonne de la force. “Be Proud”. Soyez fiers de vos différences. C’est le mantra qu’on nous rabâche à longueur de journée ici en Amérique du Nord. Sois fier de tes formes, sois fier de tes couleurs, de ta différence. Sois fier d’être qui tu es. Sois fier d’être féministe rappelait cette année Emma Watson devant l’assemblée onusienne. Sois fier de croire en l’égalité pour tous. À l’amour pour tous.

De l’autre côté de la planète, les têtes tombent, les kalashnikovs pétaradent et le sang coule. La différence, toute différence même au sein d’une même religion, cristallise. Les sunnites contre les chiites, les pro-Arabie Saoudite contre les pro-Iran, les voisins d’autrefois devenus ennemis. Les villages se déchirent, les communautés se brisent. La haine de l’autre à l’état pur. Dans ce qu’elle a de plus vil. De plus violent et féroce. À bas l’amour, place à la dictature du dogme. Une liste d’interdits déroulés comme une profession de foi. “Mort aux mécréants!”, mort à la différence, un tout autre type de slogans scandés par des pauvres types chargés de rancoeur et de violence, assoiffés de pouvoir. Des terroristes dans ce qu’il y a de plus bas et médiocre. Qui n’ont de religieux que leur chimères de justification.

Et pendant ce temps, une autre forme de violence fait rage. Celle de fous furieux archaïques, qui tentent d’éliminer leur concurrence à coup de poings et de battes de baseball. J’ai nommé ces chauffeurs de taxi devenus agresseurs de leurs clients potentiels. Qui paralysent des villes, renversent des voitures, terrorisent les passants, échafaudent des embuscades pour se déchaîner en meute sur leur concurrents Uber Pop. Des procédés mafieux d’intimidation dignes de guerres de gang à la Scorsese. Sauf que c’est dans la vraie vie, avec de vrais passants. De vrais monsieur, madame, qui ont besoin d’être transportés d’un point A à un point B sans risquer leur vie, dans le respect et la bonne humeur. Quel anachronisme bestial.

La même bêtise affligeante que celle de ces parents corses qui, il y a quelques jours, menaçaient des institutrices pour avoir voulu faire chanter “All You Need Is Love“, avec un couplet en arabe, à la kermesse d’une école. Quand les messages de tolérance, d’amour et de paix, deviennent une menace. En est-on vraiment rendus-là? À ce niveau de stupidité qui décuple la haine et les amalgames de toutes sortes?

C’est si facile de pointer du doigt. De privilégier l’entre-soi. De se barricader dans son cocon d’idées confortables. Et tant pis si la paix tombe entre les crevasses de la différence?

D’un côté la cristallisation des peurs, de l’autre, la soif d’avancées sociales.

Je ne sais pas vous, mais dans cette guerre idéologique qui fait rage à coups de slogans, je choisis la #TeamLove. Et tant pis si ça fait de moi un Bisounours.

C’est pourquoi je garderai en mémoire ce vendredi 26 juin comme le jour où les couleurs de l’arc-en-ciel ont recouvert la Maison Blanche et redonné espoir à tout un pan de la société jusqu’alors négligée. Une bataille de gagnée pour combien d’autres à venir? Seul l’avenir le dira, mais en attendant:

#LoveWins 

 

(c) L’illustration en couverture est de Katie Rodgers, que vous pouvez suivre sous le nom @paperfashion sur Instagram.

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Hier, le Balnea lançait sa 6e édition de l’Été des Chefs. Un rendez-vous ensoleillé, où gastronomie et détente se rencontrent. Conviée à cette journée gourmande, j’ai profité de l’occasion pour décrocher et m’évader de Montréal le temps d’une journée. Ambiance bikini, bulles Taittinger et paddle board. La combinaison parfaite pour initier l’été!

Chaque année, l’Été des Chefs est un événement que je suis attentivement. Pourquoi? Parce que le Balnea est clairement mon spa préféré. Non seulement son cadre est sublime mais l’équipe m’épate toujours dans sa recherche incessante d’innovation. L’Été des Chefs en est le parfait exemple! Le concept est génial: mettre en compétition 10 chefs québécois pendant tout l’été. Chaque dimanche à partir du 5 juillet, un chef en compétition prendra le contrôle des cuisines du Balnea et proposera son propre menu. Le challenge posé à tous? Travailler des produits locaux et plus particulièrement, un ingrédient au minimum cultivé par les Fermes Lufa. À partir de là, place à la créativité et aux prouesses gustatives. Continue reading

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A partir d’aujourd’hui jusqu’au 23 août 2015, le musée McCord accueille en exclusivité Nord américaine la première rétrospective des oeuvres de Horst: photographe de l’élégance. Peut-être connaissez-vous le travail de ce photographe, mais je dois avouer que c’est grâce au vernissage de l’exposition que je l’ai découvert. Photographe de mode allemand, ayant vécu entre Paris et New York, Horst a travaillé pendant 60 ans pour le magazine Vogue et côtoyé les plus grandes stars du monde des arts.

Considéré comme une légende de la photographie de mode du 20e siècle, aux côtés d’Irving Penn ou de Richard Avedon, Horst semble être toutefois passé inaperçu aux yeux du grand public. Une injustice que cette exposition incroyable vise à renverser. Organisée en partenariat avec le Victoria & Albert Museum de Londres, l’exposition Horst a déjà voyagé en Europe – en Allemagne et à Londres notamment, où près de 100 000 visiteurs curieux se sont déjà pressés. L’exposition Horst: photographe de l’élégance réunit ainsi 250 photographies de mode, puisées dans les archives Condé Nast et prêtées par quelques particuliers, des carnets de croquis, des images d’archives animées, ainsi que huit robes Haute Couture signées Chanel, Molyneux, Lanvin, Schiaparelli, Maggy Rouff et Vionnet. Continue reading

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Hier soir, j’assistai au lancement “Osez la créativité” du dernier numéro d’Inspiro, le magazine montréalais dédié aux jeunes professionnels “qui osent”. Le magazine est gratuit mais chaque lancement donne l’occasion d’une soirée thématique, payante pour le coup, qui permet autant de réseauter autour d’un verre et de quelques bouchées que d’écouter le parcours de personnes inspirantes.

Je ne vais pas à chacun des événements organisés par la rédaction d’Inspiro mais hier, le thème de la créativité m’a particulièrement attirée. D’autant que les trois conférenciers invités à parler étaient de véritables stars dans leur domaine: Philippe Meunier, cofondateur, chef de la création et associé principal de l’agence de publicité SID LEERichard St-Pierre, président de C2MTL et Justin Kingsley, storyteller hors pair, ancien porte-parole du premier ministre du Canada Paul Martin, journaliste pour The Gazette, ex-VP associé chez SID LEE, chef d’orchestre de l’image de marque de Georges St-Pierre et Sugar Sammy et actuellement directeur de création pour le Canadien de Montréal et scénariste de 24CH, une série docu-réalité sur la fameuse équipe de Hockey.

Sur le modèle des conférences TED, chacun des trois conférenciers avait 8 minutes pour pitcher. De quoi aller droit au but et transmettre efficacement leur message. Parce que la créativité est au coeur de mon métier, et que sans elle, je trouverais le monde bien triste et plat, j’ai ouvert grand les écoutilles et pris des notes.

Ces notes, je les partage ici avec vous. Parce que je suis certaine que peu importe le domaine dans lequel on évolue au quotidien, c’est en étant créatif qu’on transforme n’importe quel boulot en aventure excitante.

J’espère que ces conseils de grands manitous de la créativité vous inspireront autant qu’ils m’ont inspirée! Continue reading

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Dans la série “Où manger les meilleures pizzas au monde”, après Da Baffetto à Rome, Roberta’s à Brooklyn et Nina’s Pizza à Québec, voici une petite adresse parisienne à s’en pâmer les papilles…j’ai nommé Canaletto Caffè!

Si on ne va pas chez Canaletto Caffè pour l’amabilité de ses serveurs, ni pour son cadre plutôt froid et désagréable (ça commence bien me direz-vous!), on y va (ouf!) autant pour ses fines et délicieuses pizzas que pour son éventail de mozzarellas onctueuses à s’en damner de plaisir ! Continue reading

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Voilà plus d’un mois que je n’ai pas écrit sur ces pages. Ça me manque cruellement. Mais embarquée dans mes autres projets, je m’égare sur d’autres chemins. Et puis, depuis quelques jours, une alarme s’est mise à résonner de façon régulière et lancinante dans ma tête. “Tu ne peux pas décemment oublier de parler de l’expo Lumières: Carte blanche à Christian Lacroix !”

Pourquoi cet entêtement pour une expo a priori étrange, voire loufoque? Parce que cet ovni culturel m’a pour le moins étonnée et qu’il mérite le coup d’oeil. Le mélange des genres est déroutant mais c’est précisément ce que j’ai aimé. Me sentir un peu dérangée dans mes codes esthétiques, me questionner sur la kitscherie qui frôle le mauvais goût, s’y empêtre parfois. J’avais écrit cet article pour StyleList Québec, mais les pages du magazine ont depuis fermé. Et je trouverais ça bien trop dommage que cette expo d’un autre type s’en voit punie…Voici donc! Continue reading

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Voilà bientôt trois mois que je suis à Paris. Avouons-le maintenant: j’ai lâchement fuit l’hiver canadien. J’avais besoin d’un break de neige. Besoin de faire le vide, de faire le point.

J’ai toujours eu un lien très fort avec Paris. Quand je l’ai quittée, ce n’était pas par désamour mais par curiosité d’ailleurs. Mon âme de voyageuse m’avait sortie de ma petite vie parisienne. La sonnette d’alarme avait sonné. “Bouge bouge bouge, il se passe plein de choses de l’autre côté de l’Atlantique. Va voir. Va explorer”. J’ai écouté la petite voix qui m’enjoignait d’aller-voir-ailleurs-si-j-y-suis. Et j’ai atterri à Montréal.

Si on m’avait dit que cinq hivers plus tard j’y serais toujours, je ne l’aurais pas cru. Je partais pour quelques mois. Un ou deux ans au plus. Mais la vie a pris le contrôle. J’ai commencé à vivre de ma plume, les piges se sont enchaînées sans trop les avoir provoquées. J’ai rencontré mon canadien, et décidé de rester.

Mais avec les années, l’écart entre les deux vies se creuse. Les amitiés s’étiolent, la famille aussi. Faute d’avoir un abonnement chez Air France, on manque quelques uns des évènements les plus importants. Les mariages des uns, les naissances des autres, les funérailles, les 30 ans des potes, les vacances d’hiver en famille ou les weekend entre potes.

Quand tu rentres en coup de vent, ta nièce  – qui ne t’as finalement pas connue la moitié de sa vie – voit vaguement qui tu es mais le lien n’est pas vraiment là. Les amis t’ont sortie de leur quotidien. Les retrouvailles sont toujours aussi riches. On s’aime toujours aussi fort. Mais notre numéro temporaire n’a pas retrouvé le chemin du raccourci clavier d’antan. La vie suit son cours finalement. Et c’est tant mieux. Mais l’écart se creuse. Et s’il y a certains deuils qu’on est prêt à faire, il y en a d’autres qu’on refuse fermement.

Alors deux jours avant d’embarquer sur mon vol retour, j’ai changé mon billet.

L’avantage d’être pigiste, c’est qu’on peut bosser de n’importe où dans le monde. Autant en profiter! C’est certain que j’ai dû perdre quelques clients au passage, mais j’imagine que c’est le prix à payer pour vivre entre les deux mondes. Et se retrouver.

Depuis, je sillonne les expos, les théâtres, les cinés. La pile de bouquins commence à tanguer. Et je jongle avec les interviews. Que ce soit pour le magazine Clin d’Oeil – pour qui je signe mon premier article ce mois-ci!! Ou pour Hey Flamingo, mon nouveau bébé dont je vous parlais récemment. Je fais le plein de city guides parisiens et découvre par l’occasion des lieux inusités et insolites. Des adresses gourmandes à culbuter les papilles. Et surtout, des personnes si inspirantes que chaque rencontre est une bulle de richesse.

Le rythme s’accélère. Plus qu’un mois avant mon retour à Montréal. Après l’Allemagne et Venise, je m’apprête à réembarquer dans le train, direction Marseille, Lille, Lyon. Un micro tour de France à la rencontre de créateurs et entrepreneurs inspirants…et de retrouvailles amicales à réchauffer les coeurs.

Alors oui, le pari était risqué et coûteux. Mais l’énergie qui ressort de cette décision est d’une force à en repousser les limites. Finalement, la demoiselle rencontrée à la School of Life avait raison: faire le vide parfois a du bon. Ne serait-ce que pour retrouver son chemin et faire ensuite des bonds.

P.S: La photo a été prise dans les toilettes du Used Book Café, chez Merci. Un lieu pour le moins inspirant!

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douvaton-paris-theatre

Voilà déjà une semaine que j’ai vu la pièce D’où va-t-on au théâtre du Lucernaire à Paris. Et pourtant, les mots ne passent pas. Ils continuent de déferler dans mon esprit, une idée après l’autre. J’imagine que c’est là qu’on reconnaît l’excellence. Quand des jours plus tard, l’oeuvre ne te quitte pas.

Alors, autant pour partager avec vous cette pépite d’intelligence que pour en exorciser les mots, je vais vous en parler.  Continue reading

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Hey Flamingo Instagram

Ça y est, je peux enfin vous parler de ce qui occupe mon esprit depuis bientôt des mois! Je viens de lancer un nouveau magazine en ligne: Hey Flamingo, la nouvelle destination des âmes voyageuses et créatives. Continue reading

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The-School-Of-Life-Paris
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Quand on était petit, il y avait l’école primaire. On nous apprenait à appréhender la vie. On nous donnait les clés pour construire notre bout de chemin. Mais aujourd’hui? Vers qui se tourner? Nous voilà adultes, gorgés de questionnements sans réponses. Prendre telle décision ou plutôt celle-ci, poursuivre dans cette direction ou bifurquer. Le temps file et s’accélère. La pression augmente. “Je ne veux pas rater ma vie”. “Je veux être heureuse”. “Je ne veux rien regretter”. “Je veux vivre MA vie, et pas celle du voisin. Ni celle dictée par la société”. La cocotte minute tremble. La vapeur siffle. Trouver des réponses. Vite. Vite. Vite.

C’est un peu ce que propose la School of Life. Réfléchir ensemble. Échanger sur nos expériences et tenter de se poser les bonnes questions. Loin du cadre familier, amical ou familial. Continue reading

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Il faut que je vous parle de Mon Gainsbourg à Moi, un spectacle un peu spécial. Spécial parce qu’il détonne dans la fresque culturelle bien-pensante et politiquement correcte. Spécial parce que superbement interprété et chanté par une amie d’enfance. Mademoiselle A de son nom de scène.

Mon amie sulfureuse, piquante et effervescente. Dans la cour du collège déjà, son charme subversif et ses épopées débridées provoquaient les esprits étriqués. Contre les langues fourchues, je persistais. Fascinée par son charisme, son indépendance, son exubérance libre-pensante. Continue reading

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