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Voilà bientôt trois mois que je suis à Paris. Avouons-le maintenant: j’ai lâchement fuit l’hiver canadien. J’avais besoin d’un break de neige. Besoin de faire le vide, de faire le point.

J’ai toujours eu un lien très fort avec Paris. Quand je l’ai quittée, ce n’était pas par désamour mais par curiosité d’ailleurs. Mon âme de voyageuse m’avait sortie de ma petite vie parisienne. La sonnette d’alarme avait sonné. “Bouge bouge bouge, il se passe plein de choses de l’autre côté de l’Atlantique. Va voir. Va explorer”. J’ai écouté la petite voix qui m’enjoignait d’aller-voir-ailleurs-si-j-y-suis. Et j’ai atterri à Montréal.

Si on m’avait dit que cinq hivers plus tard j’y serais toujours, je ne l’aurais pas cru. Je partais pour quelques mois. Un ou deux ans au plus. Mais la vie a pris le contrôle. J’ai commencé à vivre de ma plume, les piges se sont enchaînées sans trop les avoir provoquées. J’ai rencontré mon canadien, et décidé de rester.

Mais avec les années, l’écart entre les deux vies se creuse. Les amitiés s’étiolent, la famille aussi. Faute d’avoir un abonnement chez Air France, on manque quelques uns des évènements les plus importants. Les mariages des uns, les naissances des autres, les funérailles, les 30 ans des potes, les vacances d’hiver en famille ou les weekend entre potes.

Quand tu rentres en coup de vent, ta nièce  – qui ne t’as finalement pas connue la moitié de sa vie – voit vaguement qui tu es mais le lien n’est pas vraiment là. Les amis t’ont sortie de leur quotidien. Les retrouvailles sont toujours aussi riches. On s’aime toujours aussi fort. Mais notre numéro temporaire n’a pas retrouvé le chemin du raccourci clavier d’antan. La vie suit son cours finalement. Et c’est tant mieux. Mais l’écart se creuse. Et s’il y a certains deuils qu’on est prêt à faire, il y en a d’autres qu’on refuse fermement.

Alors deux jours avant d’embarquer sur mon vol retour, j’ai changé mon billet.

L’avantage d’être pigiste, c’est qu’on peut bosser de n’importe où dans le monde. Autant en profiter! C’est certain que j’ai dû perdre quelques clients au passage, mais j’imagine que c’est le prix à payer pour vivre entre les deux mondes. Et se retrouver.

Depuis, je sillonne les expos, les théâtres, les cinés. La pile de bouquins commence à tanguer. Et je jongle avec les interviews. Que ce soit pour le magazine Clin d’Oeil – pour qui je signe mon premier article ce mois-ci!! Ou pour Hey Flamingo, mon nouveau bébé dont je vous parlais récemment. Je fais le plein de city guides parisiens et découvre par l’occasion des lieux inusités et insolites. Des adresses gourmandes à culbuter les papilles. Et surtout, des personnes si inspirantes que chaque rencontre est une bulle de richesse.

Le rythme s’accélère. Plus qu’un mois avant mon retour à Montréal. Après l’Allemagne et Venise, je m’apprête à réembarquer dans le train, direction Marseille, Lille, Lyon. Un micro tour de France à la rencontre de créateurs et entrepreneurs inspirants…et de retrouvailles amicales à réchauffer les coeurs.

Alors oui, le pari était risqué et coûteux. Mais l’énergie qui ressort de cette décision est d’une force à en repousser les limites. Finalement, la demoiselle rencontrée à la School of Life avait raison: faire le vide parfois a du bon. Ne serait-ce que pour retrouver son chemin et faire ensuite des bonds.

P.S: La photo a été prise dans les toilettes du Used Book Café, chez Merci. Un lieu pour le moins inspirant!

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douvaton-paris-theatre

Voilà déjà une semaine que j’ai vu la pièce D’où va-t-on au théâtre du Lucernaire à Paris. Et pourtant, les mots ne passent pas. Ils continuent de déferler dans mon esprit, une idée après l’autre. J’imagine que c’est là qu’on reconnaît l’excellence. Quand des jours plus tard, l’oeuvre ne te quitte pas.

Alors, autant pour partager avec vous cette pépite d’intelligence que pour en exorciser les mots, je vais vous en parler.  Continue reading

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Hey Flamingo Instagram

Ça y est, je peux enfin vous parler de ce qui occupe mon esprit depuis bientôt des mois! Je viens de lancer un nouveau magazine en ligne: Hey Flamingo, la nouvelle destination des âmes voyageuses et créatives. Continue reading

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The-School-Of-Life-Paris
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Quand on était petit, il y avait l’école primaire. On nous apprenait à appréhender la vie. On nous donnait les clés pour construire notre bout de chemin. Mais aujourd’hui? Vers qui se tourner? Nous voilà adultes, gorgés de questionnements sans réponses. Prendre telle décision ou plutôt celle-ci, poursuivre dans cette direction ou bifurquer. Le temps file et s’accélère. La pression augmente. “Je ne veux pas rater ma vie”. “Je veux être heureuse”. “Je ne veux rien regretter”. “Je veux vivre MA vie, et pas celle du voisin. Ni celle dictée par la société”. La cocotte minute tremble. La vapeur siffle. Trouver des réponses. Vite. Vite. Vite.

C’est un peu ce que propose la School of Life. Réfléchir ensemble. Échanger sur nos expériences et tenter de se poser les bonnes questions. Loin du cadre familier, amical ou familial. Continue reading

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mademoiselle-a
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Il faut que je vous parle de Mon Gainsbourg à Moi, un spectacle un peu spécial. Spécial parce qu’il détonne dans la fresque culturelle bien-pensante et politiquement correcte. Spécial parce que superbement interprété et chanté par une amie d’enfance. Mademoiselle A de son nom de scène.

Mon amie sulfureuse, piquante et effervescente. Dans la cour du collège déjà, son charme subversif et ses épopées débridées provoquaient les esprits étriqués. Contre les langues fourchues, je persistais. Fascinée par son charisme, son indépendance, son exubérance libre-pensante. Continue reading

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Niki de Saint Phalle - Les Nanas au Grand Palais Paris
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Je sors de l’expo de Niki de Saint Phalle au Grand Palais, furieusement exaltée…Quelle force! Quelle énergie! Une sacré Nana quand même cette Niki.

Mes sens sont chamboulés. Mon coeur renversé. Mes valeurs questionnées.

Car finalement, c’est bien là la force de l’artiste: questionner le monde. Questionner. Questionner. Questionner. Le questionnement comme sacerdoce : “Je passerai ma vie à questionner. Je tomberai amoureuse du point d’interrogation”.

Niki de Saint Phalle, c’est la folie. La créativité débridée. La révolte. Les tripes décortiquées, plaquées, secouées. Niki de Saint Phalle, c’est la femme. La beauté qui attira l’oeil des photographes de mode. L’insoumise. La perturbatrice. La féministe. Continue reading

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anne-thomas-boots
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Difficile de reprendre ces pages après le dernier article si lourd. De quoi parler après ça? Comment reprendre le fil de la vie, l’air de rien? Alors comme souvent dans ces moments assombris, je me tourne vers la légèreté et la créativité. D’où cette incursion dans l’antre des dernières tendances de la mode: Who’s Next.

Who’s Next. LE salon de la mode internationale. 750 marques réunies à la Porte de Versailles. Des enfilades de racks de vêtements, des montagnes de chaussures, de sacs, de chapeaux et de bijoux. De quoi en avoir le tournis.  Continue reading

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Marche-du-11-janvier-attentats-paris
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Mercredi 7 janvier. Il est 19h quand je rentre à ma chambre d’hôtel. Les rues de Venise m’ont échauffé les pieds. 17 kilomètres parcourus annonce le podomètre de mon téléphone. Épuisée, je me reconnecte au monde. Pour me divertir, poster une photo de gondole ou de mouette en plein vol. Vos amis tweetent sur #Jesuischarlie…Qu’est-ce que c’est que ce truc? Encore un spam de Twitter, je passe à Facebook. En parcourant mon fil d’actualité, ma respiration ralentit. Figée par l’effroi, je ne retrouve plus d’air. L’horreur absolue. Retranchée dans la salle de bains, je m’effondre. En quelques phrases et articles partagés, mon monde vient de s’écrouler. Moi qui habituellement aime tout commenter, questionner, analyser, mon cerveau résonne. Impossible de penser, impossible de parler. La douleur est trop intense, l’incompréhension assommante.

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Les toits parisiens Tour Eiffel en prime
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Retour dans la grisaille parisienne. Depuis que je suis rentrée, le soleil peine à pointer le bout de son rayon. Le ciel est bas. Le bleu azur rangé aux oubliettes. Et pourtant. Jamais je n’ai trouvé Paris aussi colorée.

La ville murmure, jour et nuit. Les sirènes des ambulances chantent. Un chauffard joue avec l’accélérateur, une moto vrombit, tandis que le métro aérien fait trembler les murs. Un groupe de jeunes passe en chahutant. Ça gueule. Ça rit. Ça se chambre. Un clochard sort de sa torpeur, beugle à qui veut bien l’écouter. Derrière lui, une immense fresque. Six mètres d’un corps de femme en string sur des stilettos, qui se penche. Ambiance sulfureuse et bitumée. Continue reading

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En transit-voyage-air-france-montreal-paris
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Étrange sensation que de rentrer au bercail. Après l’excitation obsessive, l’inquiétude s’incruste. Et si je n’y retrouvais plus ma place? Et si mes amis étaient passés à autre chose? Et si, et si.

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Selection shopping Noel Paris 2
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OK. Je l’avoue. Depuis que décembre a sonné, j’ai une frénésie de mode. Et la folie semble avoir atteint un second niveau maintenant que mon départ pour Paris approche. C’est simple, il suffit que le mot “Paris”  effleure mon esprit pour qu’un feu d’artifices d’images se déclenche. Comme une foule d’envies enfouies qui n’attendaient qu’à resurgir.

14 mois que je ne suis pas rentrée!

Bien trop long si vous voulez mon avis. Rien que d’y penser, je suis euphorique. Passer un vrai Noël en famille, après deux éditions en exil. Passer des heures à papoter avec les potes. Parcourir l’Europe à saut de train et d’avion. Me nourrir de musées et d’expos. Lire, lire et encore lire. Travailler, un peu, beaucoup, passionnément. M’émouvoir d’aider ma soeur à choisir sa robe de mariée. Sans Viber interposé. Voir les bébés des copines pousser. Serrer pour la première fois la si jolie petite Manon. Découvrir ma cousine adorée dans son nouveau rôle de maman. Petit-déjeuner avec la mienne de maman et l’écouter me faire rattraper le fil des sagas familiales. Cuisiner, décorer le sapin et tenter d’oublier qu’en 14 mois d’absence, ma famille a eu le temps d’imploser. Compenser par un trop plein de paillettes, de rires et de câlins. Continue reading

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