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Pérou #2: Rencontre avec Arequipa

Après des retrouvailles matinales et 1h30 d’un vol qu’on a bien failli ne pas pouvoir prendre (vive le surbooking), nous atterrissons enfin à Arequipa. Deuxième ville du pays, La Cité Blanche a plutôt mauvaise réputation. On la dit splendide mais dangereuse.

Décidées à ne prendre aucun risque, nous demandons donc à une dame derrière son kiosque “Informations” de nous appeler un taxi. Visiblement habituée à ce type de requêtes, elle revient après quelques minutes avec un monsieur la mine renfrognée mais au pas décidé. À son cou, une carte de taxi officiel sautille.

Les valises dans le coffre, nous nous engouffrons dans le trafic. De ce premier contact avec le Pérou, je me souviens des flots entremêlés de voitures qui manquent de se rentrer dedans, les petites échoppes de bord de route d’où des femmes en tenue traditionnelle entrent et sortent. Je me souviens des écoliers en uniforme, des hommes assis sur une paillasse en train de manger et des couleurs, des multiples teintes qui colorent déjà les faubourgs de la ville. Vert des feuilles d’arbres et des taxis, jaune des façades et des lignes au sol, rose, rouge, fuchsia des fleurs et des tissus sur le dos des femmes. À peines arrivées et déjà ce pays ne semble que couleurs. Je suis sous le charme.

Deux nuits au jardin d’Eden

Notre premier arrêt est pour La Casa De Melgar, où nous avons réservé deux nuits. L’auberge est petite et simple mais absolument enchanteresse. Un écrin de couleurs et de raffinement sans prétention.

Ce lieu me fait penser au Maroc tant l’ambiance y est douce et chaleureuse. Notre chambre, qui donne sur un arbre imposant est simple, mais confortable. Les oiseaux piaillent tandis qu’une touriste californienne en équilibre tente de prendre ses jolies fleurs en photo. “La dernière fois que je suis venue ici, j’avais pris une petite bouture que j’ai replantée dans mon jardin. Aujourd’hui mon arbuste est resplendissant!”, nous explique-t-elle d’une excitation enfantine.

Se balader pour prendre le pouls de la ville

Les lieux sont splendides, mais Arequipa nous appelle. Pour cette première journée, nous voulons nous imprégner des lieux. Parcourir ses ruelles et ses places animées, prendre un café au soleil, du haut des terrasses du sublime Cloître de la Compañía.

Sous les arcades du Cloître, on trouve quelques très jolies boutiques de vêtements en laine d’Alpaca, une boutique de chapeau où dénicher un Panama…ou pour les plus audacieux, l’un de ces chapeaux en feutre haut que portent les Péruviennes.

L’église Jésuite adjacente au Cloître a été achevée en 1698. Ouverte qu’en matinée ou fin de journée (comme la plupart des lieux de culte au Pérou), elle vaut le détour! Ne serait-ce que pour sa superbe chapelle (4 soles), parfait mélange des influences indigènes et espagnoles. Fioritures et oiseaux flamboyants côtoient les anges et autres symboliques catholiques, dans une ambiance amazonienne à se réconcilier avec l’art liturgique. [Il était interdit de prendre des photos…vous serez donc obligés de vous y rendre pour la découvrir!]

 En attendant ce jour, voici sa façade sculptée dans cette pierre blanche typique de la région…sans prétention, n’est-ce pas?!

L’Église de la Compañía est située au Sud de la Plaza de Armas, coeur battant de la ville. À l’instar des “Place de l’Église” dans nos petits villages français, on retrouve une Plaza de Armas dans chaque ville péruvienne, même les plus minuscules (très utile quand vous ne savez pas quelle adresse indiquer à un taxi!)

C’est sur cette place centrale que les Péruviens se retrouvent, que les enfants jouent à faire envoler les pigeons, que les couples se donnent rendez-vous, et que les citoyens se réunissent pour manifester…

J’imagine qu’il n’y a pas meilleur lieu pour observer les us et coutumes…des péruviens, autant que des touristes!

Un petit tour au marché local

Autre lieu de vie incontournable à Arequipa, le marché. Incontournable de vitalité. Fruits tropicaux, légumes en tous genres, viande et grenouilles séchées (?!) qui pendent, fromages régionaux, pain frais et pâtisseries péruviennes…

De quoi en apprendre sur le mode de vie local…et s’acheter quelques mini bananes et mangues juteuses pour la route. À tomber par terre! De quoi se demander, d’ailleurs, comment on fait pour apprécier nos fruits fadasses à longueur d’année. Un croc dans une mangue ou un ananas péruviens, et un nouveau monde de saveurs s’ouvre!

On le comprendra assez vite pendant notre séjour mais deux légumes majeurs s’imposent dans la gastronomie péruvienne: la pomme de terre (dont le pays aurait près de 1 500 variétés!) et le maïs (près de 40 espèces!)…dont le fameux maïs morada, ce maïs violet utilisé pour concocter l’une des boissons les plus populaires au Pérou: la Chicha Morada. Bue et approuvée!

Le quartier autour du marché est assez populaire et on ne peut plus vivant. Boutiques de fournitures scolaires côtoient les boutiques d’uniformes en tous genres, les boutiques d’optique et de gâteaux tous plus délirants les uns que les autres!

De là, on rejoint la Calle Mercaderes. Artère centrale d’Arequipa, la rue est piétonne. Si les magasins de fringues n’ont rien de folichon, ses façades coloniales aux couleurs pastel attirent nécessairement le regard.

Arequipa et son trafic asphyxiant 

Une des choses qui m’a le plus surprise à Arequipa, en dehors des ses couvents et cloîtres à se pâmer d’émerveillement et ses adorables petits cafés gourmands…c’est son trafic. Une pollution à s’en boucher les poumons.

La raison de ce va et vient permanent? L’absence de transports publics et de voitures personnelles. La ville appartient aux taxis. Petites voiturettes aux allures d’auto-tamponeuses, la ville a tout d’une fête foraine un samedi de printemps, les ballons en prime.

Absolument charmant sur le papier, beaucoup moins en vrai.

Heureusement, les façades couleurs arc-en-ciel font tout oublier.

Et de ce brouhaha permanent, ne me reste que le calme salvateur de notre délicieuse auberge, la beauté émouvante du couvent Santa Catalina (que je garde pour un prochain article), et l’histoire fascinante de ce peuple inca qui ne cessera depuis cette ville d’éveiller mon intérêt.

En une demi-journée à peine, de ses 2 335 mètres d’altitude, Arequipa nous a éveillé les sens. Un regard depuis l’une de ses plus hautes terrasses finit de nous convaincre. Nous voici au bout du monde, au coeur des Andes péruviennes, au pied du fameux volcan Misti, dont on entendra encore bien parler pendant ce séjour…et bientôt sur ces pages!

Mes adresses à Arequipa

Comment arriver?

Nous avons choisi de voyager en avion pour rejoindre Lima et Arequipa. 1h30 au lieu des 17h de bus minimum annoncés, ça ne se refuse pas! Nous sommes passés par la compagnie LAN qui lie plusieurs fois par jour les deux villes. Billet dans les 200 $CAN l’aller. Comme souvent dans les transports au Pérou, les touristes paient un autre montant. Faites donc bien attention quand vous réservez de payer le tarif touriste, j’ai failli me faire avoir et l’amende est très salée!

Où loger?

La charmante auberge Casa Del Melgar – Melgar 108, Arequipa, Pérou (140 soles / 50 USD) pour une chambre avec deux lits simples, WIFI et petits-déjeuners inclus)

 Où manger?

Como en Casa – Pierola 106 “A”, Arequipa. Pour un repas végétarien à la péruvienne, dans un petit bouiboui de 28 places où l’on partage sa table. Le menu fixe (10 soles par personne) change chaque jour. Cuisine sans prétention mais saine, généreuse et bonne.

Restaurant Zig Zag – rue Zela, en face de la place San Francisco. Pour un excellent repas, dans une atmosphère tamisée et plutôt élégante. Les familles huppées de la ville s’y retrouvent pour déguster de la bonne viande rouge. Viande de boeuf, d’alpaga (délicieusement tendre!!!) ou de lama sont cuites sur des pierres volcaniques, qu’on vous amène à table encore brûlantes.

La Trattoria del Monestario – Calle Santa Catalina 309, Arequipa. Réputée comme étant LA  meilleure table d’Arequipa, la Trattoria del Monestario a été créée par l’une des stars de la gastronomie péruvienne, Gaston Arcurio. On ne pouvait évidemment pas louper cette cuisine fusion italo-péruvienne! Verdict? De la très bonne cuisine, dans un très joli cadre. Mais de là à s’en émerveiller? Non. J’imagine que la touche italienne ne nous surprend plus trop, nous autres occidentaux. Mais les plats sont très bons, d’où sa mention sur ces pages.

Où boire un verre?
Café y Vino – Cloître Compania, Arequipa. Pour un bon café dans un cadre pour le moins magique, ou pour un verre de vin, le lieu étant tenu par un couple franco-péruvien très sympathique!
 Restaurant Las Terazza – entrée à droite de la cathédrale sous les arcades. À première vue, je ne voulais pas y aller. S’il y a bien une règle que je me fixe dans la vie, c’est de ne pas entrer dans un lieu qui nécessite des rabatteurs devant ses portes. Mais réputée comme ayant la plus belle vue de la ville, j’ai enfreint la règle pour y boire un cocktail de maracuja  (absolument délicieux!) et y observer aux premières loges le coucher de soleil. Touristique à mort, le cadre n’a aucun charme mais quelle vue!

Infos pratiques

La ville étant réputée comme assez risquée pour les touristes, il est recommandé de ne pas héler un taxi dans la rue mais d’entrer dans un hôtel ou demander à un policier d’en appeler un.

La règle de base au Pérou est de toujours demander le prix avant de monter dans un taxi. Les deux accrochages que nous avons eu ont eu lieu les deux seules fois où on a oublié de le faire.

Compter environ (selon votre tête et votre capacité à parler espagnol) 25 soles pour une course de taxi (une vingtaine de minutes) de l’aéroport au centre ville d’Arequipa.

 

 

 

 

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10 comments on “Pérou #2: Rencontre avec Arequipa

  1. LadyMilonguera
    April 11, 2014 at 2:03 pm

    La ville semble en effet tout à fait charmante…

  2. Alexia Valise Fraise
    April 11, 2014 at 6:51 pm

    Superbes photos, je ne suis pas allee a Arequipa quand j’etais au Perou et je le regrette tellement. Me languis te lire ton article sur le couvent il parait que c’est sublime.

  3. Olie
    April 12, 2014 at 12:53 pm

    Super joli article et charmante ville dans laquelle j’ai vécu un an. Je l’ai trouvée tout aussi splendide que toi mais d’une toute autre manière. Je ne savais pas du tout qu’on la disait dangereuse :) Et j’ai vécu dans des fourchettes de prix plus basse (niveau endroits ou loger et restauration etc) mais ton article m’a rappelé combien j’ai aimé cet endroit ! Je m’y sens comme chez moi et je la recommande vivement ^^

  4. Polina
    April 12, 2014 at 3:07 pm

    Ces photos forcent l’émerveillement et dépaysent, un régal !

  5. Sarah M
    April 12, 2014 at 3:49 pm

    Merci beaucoup pour vos gentils commentaires :)

  6. caro
    April 13, 2014 at 4:54 pm

    Joli post mais je n’ai jamais entendu ni lu que la ville était une des plus dangereuse du Perou. Pour y avoir vécu près d’un an, je peux vous assurer que ce n’est pas le cas. Comme partout en Amérique du Sud, on fait attention, encore plus quand on est étranger et on monte dans des taxis de compagnies connues.

  7. Salin
    April 13, 2014 at 6:59 pm

    Merci pour ce si juste retour de ce moment merveilleux ville si attachante j ai hâte de lire la suite je rajouterai juste l extrême gentillesse des gens .

  8. Sarah M
    April 16, 2014 at 12:24 am

    @Caro: En effet, étant donné les quelques commentaires recueillis d’habitués d’Arequipa, je vais faire fi de sa réputation sur certains forums de voyageurs et guides. Je corrige de ce pas ma phrase pour ne laisser planer que sa dangerosité relative et surtout ma mise en garde envers les touristes, qui reste confirmée par la majorité. Merci d’avoir fait part de ton ressenti :)

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